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jeudi 10 juillet 2014

Dans le royaume du Mustang - Part 1

Le Mustang, un ancien royaume de culture tibétaine pleinement rattaché au Népal depuis 1951, longtemps interdit aux étrangers et qui s'ouvre peu à peu depuis quelques années. Récit d'un voyage d'une dizaine de jours dans cette région magnifique et sauvage.

Première partie pour aujourd'hui seulement, un départ beaucoup plus rapide que prévu vers notre prochaine destination ne nous laisse pas le temps de tout vous raconter en une seule fois !

  • 28 juin : de Katmandou à Pokhara

La première étape est Pokhara, une importante ville à l'ouest de Katmandou qui est également le point de départ de nombreux treks dans les Annapurnas. On s'y était déjà rendus en 2008 en gardant un mauvais souvenir du long trajet en bus que l'on avait trouvé très long et dangereux. Cette fois-ci, on opte pour le confort des nombreux petits avions qui font le trajet en 1/2 heure avec en prime de belles vues sur les montagnes ce qui ne sera pas vraiment le cas en cette période de mousson. On arrive donc rapidement dans cette ville très touristique aux nombreux restaurants et bars qui bordent un lac paisible dominé par les montagnes. On se fond dans la masse et on profite des restos branchouilles pour s'envoyer des pizzas, salades grecques et bières locales. Le soir, on retrouve notre guide qui nous indique qu'il faudra mettre le réveil à 5h00 du mat.

  • 29 juin : de Pokhara à Kagbeni via Jomsom

La porte d'entrée du Mustang est la ville de Jomsom, chef lieu du district administratif de cette région. Le plus simple est également de s'y rendre en avion, ce qui évite un trajet pénible en bus ou jeep de plus de 10h00 dans le meilleur des cas (voir plus bas pour mieux comprendre !). Mais prendre un avion pour Jomsom est aussi une aventure. Le sympathique site de Wikipedia précise : "Cet aéroport est reconnu comme l'un des plus dangereux du monde et est donc un terrain de jeu privilégié pour les amateurs de simulations de vol."

Les vols sont très souvent retardés voir annulés en raison de la météo et c'est particulièrement vrai en cette saison.

Aujourd'hui on a de la chance, il n'y aura qu'un retard d'une heure et demie. Pas mal de nuages à Pokhara au décollage mais temps plus clément en route et à Jomsom. Après l'atterrissage impressionnant où notre petit coucou opère un virage serré entre les montagnes pour s'aligner sur la courte piste, le guide nous confiera qu'il était très anxieux et qu'il a connu des vols cauchemardesques.

Nous voilà donc dans le Mustang, cette région qui nous a longtemps fait rêver et que l'on visite finalement un peu par hasard car cela s'adapte bien dans le calendrier. On croyait également que c'était hors de prix et extrêmement compliqué mais il y a toujours des solutions avec les agences à Katmandou.

Cette région s'ouvre peu à peu. Il est écrit partout qu'elle se limite à 1000 visiteurs par ans mais dans les faits ce chiffre augmente chaque année. En 2013, plus de 3000 personnes s'y sont rendues. On reste loin de la fréquentation du Louvre.

On ne s'attarde pas à Jomsom et on attaque rapidement la piste qui mène aux premiers villages. Nous ne sommes pas encore dans la région du "Upper Mustang", celle qui nécessite un permis spécial et qui est beaucoup plus sauvage et préservée que ce que l'on verra sur les premiers kilomètres de marche qui sont relativement décevants dans la mesure où l'on parcourt une route monotone au creux d'une vallée, longeant un vaste lit de rivière grise. De plus, à partir de 11h00 chaque jour, il souffle ici un vent extrêmement violent qui vous fait avaler toute la poussière de la vallée.

On rejoint après quelques heures le village de Kagbeni, première étape confortable avec un petit hôtel qui propose même du wifi. Première immersion dans ces fabuleux villages du Mustang aux maisons tibétaines, aux rues étroites peuplées de vaches et autres animaux d'élevage, et leurs habitants avec une occupation majeure actuellement de travail du grain.

De là, on va explorer les environs en grimpant, sous des bourrasques impressionnantes, jusqu'à un petit Gompa et en rejoignant le petit village de Tiri qui se trouve de l'autre côté de la rivière.

  • 30 juin : de Kagbeni à Tsele

Ce deuxième jour, on continue à suivre la piste poussiéreuse et venteuse mais les villages que l'on traverse ont tous cette ambiance un peu mystérieuse avec des vieux quartiers délabrés, des rues minuscules, des tunnels sombres où l'on croise des vaches à l'allure nonchalante. Et toujours, ces femmes qui trient le grain en chantant et en sifflant, cela fait visiblement partie de la technique.

L'environnement se fait de plus en plus grandiose, on a l'impression que les montagnes aux alentours deviennent plus grandes tandis que la vallée s'élargit et s'ouvre à des paysages plus vastes.

Nous faisons halte pour la nuit au village de Tsele, qui sera le véritable point de départ dans le haut Mustang sauvage. Pour l'heure on profite de cette halte et de ce village agréable, on prend une bonne douche à l'eau froide en plein air et on se promène dans les petites rues, croisant le professeur des écoles et des Sadhus qui font, comme nous, une halte dans leur pèlerinage vers d'autres lieux sacrés de la région.


  • 1er juillet : de Tsele à Ghiling

Les choses sérieuses commencent aujourd'hui. La route a été relativement plate jusqu'ici, nous attaquons maintenant notre quotidien pour les jours à venir : une succession de montées et de descentes abruptes à travers les montagnes, les gorges et les cols de la région. On s'attendait à une marche facile, on va avoir droit à une véritable épreuve physique avec notamment cette étape éprouvante mais absolument magnifique.

Cela commence par un chemin creusé dans la montagne où l'on croise des impressionnants troupeaux de dzopas (croisement de vaches et de Yaks) qui ont encore plus peur que nous de voir du monde dans ces passages étroits. On grimpe comme ça sur ces chemins qui devaient être les seuls jusqu'à il y a quelques années avant que l'on ne trace la route que peuvent désormais emprunter des jeeps costaudes.

 

Au cours de ce Trek, le point le plus bas est Jomsom à 2700 mètres avec une destination à environ 3800 mètres (Lo Mantang) en passant par des cols plus élevés encore. Mais l'impression qui restera est que l'on est sans arrêt en train de se coltiner des montées raides où l'on avance petit pas par petit pas en fixant ce que l'on croit être le sommet mais derrière lequel se cache toujours un point plus élevé à atteindre. Franchement crevant !

Mais les paysages véritablement grandioses que l'on traverse viennent tempérer cette sensation d'effort permanent. Les passages depuis les cols, quand on finit par les atteindre, sont des claques monumentales avec une vision qui se perd dans ces immenses étendues montagneuses qui s'offrent alors.

Notre destination aujourd'hui est le village de Ghiling, un peu différent des autres puisqu'on ne trouve pas de petites ruelles pavées mais plutôt des maisons dispersées avec une présence encore plus importante des animaux un peu partout. Au milieu du village, un superbe Stupa coloré comme on en verra beaucoup dans cette région. Et sur les hauteurs, un monastère bienveillant.

En fin d'après midi, les troupeaux redescendent des collines pour regagner leurs enclos. On fait de même vers notre Guesthouse et on commence à voir que le niveau de confort commence à se dégrader à mesure que l'on pénétre dans les régions reculées !

 

La suite au prochain numéro !

 

 

 

 

 

 

 

 

1 commentaire:

  1. Ca commençait à faire long sans nouvelles de vous !!! Ca à l'air encore une fois sublime et j'ai hâte de connaître la doute du récit !!!
    Prenez soin de vous et éviter tout de même les aéroports pourris .....

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