Après une nuit de repos à Leh on décide d'enfourcher à nouveau notre moto pour un autre road trip de l'autre côté des montagnes au nord de la ville. Direction la vallée de la Nubra !
- 16 juin : de Leh à Kardung
Le départ ne se fait pas avant midi car la matinée est consacrée à l'achat de billets d'avion pour le 20 juin. Destination : surprise au prochain numéro !
On chope les 2 dernières places de l'avion non sans mal car l'agence ne prend (bien sur) pas la carte et on court dans toute la ville à la recherche de cash, entre les DAB vides, les petites agences qui ne peuvent pas faire l'avance faute d'Internet coupé...finalement on repère une queue devant le seul DAB alimenté et on patiente pour sortir des liasses de billets qu'on comptera et recomptera dans l'agence pour arriver au montant.
On file ensuite avec notre Royal Enfield, direction le col de Kardung à 34 kms de la ville. Il s'agit de la route la plus haute du monde qui passe à plus de 5600 mètres ! Comme je le disais dans un précédant numéro, le passage des cols est toujours compliqué. D'abord, à la montée, ce sont des travaux sur la route qui nous bloquent une bonne heure, le temps d'observer les camions, hommes et machines qui posent le goudron sur la route qui est pourtant encore en bon état ici.
La route débloquée, on fait vombrir le moteur et la route devient vite complètement cabossée, une épreuve pour la moto et nous ! On avance véritablement à 2 à l'heure, évitant trous, cailloux, sable et les divers engins arrivant en sens inverse. Le moteur souffre du manque d'oxygène et on arrive finalement au col où on se prend un bon thé en essayant de rester moins de 25mns comme cela est écrit sur des panneaux. Des blancs becs comme nous à cette altitude ça ne peut pas rester longtemps !
À la descente, toujours des problèmes. L'après-midi est déjà entamée et il fait chaud. Résultat, des coulées de neige fondue viennent couper certains endroits de la route. L'une d'entre elles est assez impressionnante et on observe la situation un moment avant de se décider. D'autres motards intrépides y vont franco et mettent tous les pieds dans la flotte au risque de prendre un gros gadin. On attend un peu que ça se calme, Sigrid hèle une ambulance militaire qui passe par là pour traverser avec elle et je passe peu après, pas peu fier de pas mettre un pied dans l'eau !
C'est plus calme par la suite et la route est magnifique.
La fin d'après midi approchant, on fait halte au charmant village de Kardung pour passer la nuit. On cherche une maison pour dormir, visiblement ça fait un moment qu'il n'y a pas eu de touristes ici et une famille prépare à la hâte notre chambre en débarrassant leur salon. La situation les fait sourire et ils s'appliquent beaucoup à nous faire le meilleur accueil. Pour l'histoire, la plupart des maisons de ces villages sont des Homestays avec un panneau vert quelque part indiquant leur capacité à recevoir. Beaucoup de familles s'y sont mises au risque d'être prises au dépourvu quand on débarque. Mais tout ça se fait dans les sourires et la bonne humeur. Ici en plus le prix est dérisoire, puisque la nuit + dîner + petit dej reviennent à moins de 3 euros.
On va faire un tour dans le village et on boit un thé dans un petit bar au bord de la route où les locaux passent discuter, boire un coup ou manger un bol de nouille. Des gonzes rentrent de Leh dans leur petite voiture, ils ont fait des grosses courses et notamment des packs de bière "God Father". Les villageois passent, s'interpellent, d'autres rentrent du boulot (souvent des travaux de voirie puisque qu'on voit souvent au bord des routes pas mal de gens qui bricolent des cailloux pour boucher les trous).
Au milieu de la route, des camionneurs qui font halte pour la nuit jouent au cricket et paument régulièrement leur balle dans les jardins voisins.
Attirés par des acclamations répètées, on se dirige vers le bas du village où une importante partie de tir à l'arc est organisée. Des villageois, en groupe visent une petite cible posée sur un talus. Une fois que chacun a décoché son tir, ils changent de sens. A priori il y a un panneau de score mais on n'a pas tout compris ! A la fin de la partie, ils lèvent leurs arcs et flèches au ciel en poussant des exclamations. Ça rigole pas mal et ils boivent un coup ensemble avant de regagner leurs maisons.
On fait de même pour aller déguster un bon et classique repas agrémenté cette fois-ci de quelques rondelles de bananes dans une assiette qui nous est servie sous nos expressions de joie.
- 17 juin : de Kardung à Hunter
On reprend la route vers la vallée de la Nubra qui se découvre petit à petit alors que l'on continue de descendre pour arriver à une altitude d'environ 3100 mètres. La moto répond mieux et les courbes de la route en bon état sont un plaisir. Les premières étendues de sable apparaissent. Cette vallée est en effet connue pour ces dunes parcourues par des chameaux. On retrouve en effet la route de la soie que l'on a souvent croisée. De la on rejoint le Xinjiang et l'Asie centrale en passant par Kashgar et Yarkand.
Voilà le genre de scène qu'il n'etait pas rare de voir à l'époque.
Aujourd'hui c'est encore plus fréquent, sauf que les caravaniers sont cette fois-ci des touristes indiens qui viennent jusqu'ici pour faire une balade à dos de chameaux.
Sur la route, on s'arrête au village/bourg de Deskit et son ambiance assez particulière de ville morte avec ces échoppes fermées et ses rares habitants.
Un beau monastère se trouve à l'entrée de la ville et on déambule dans les petites rues qui montent jusqu'aux temples. Ce Gompa date du 14ème siècle et il semble ne pas avoir bougé depuis. Certains temples sont impressionnants, notamment ceux qui abritent les gardiens des dieux qui ont le visage caché par des tissus que l'on ne découvre qu'une fois par an. Le Gompa est assez dynamique avec pas mal de moines qui vont et viennent et qui s'activent dans les différents temples. On redescend vers notre moto sous une chaleur accablante.
On trouve une rue plus animée dans Diskit et on s'incruste dans un espèce de bureau du gouvernement pour faire un peu d'Internet et confirmer un hôtel pour les prochains jours. On mange un plat de nouilles et des momos vraiment pas bons dans un petit restaurant et on repart. Le temps s'est pas mal couvert et le vent s'est levé comme c'est souvent le cas dans ces vallées.
On fait halte au village de Hunder qui ressemble plutôt à un rassemblement de Guesthouses, Homestays et tentes pour les touristes qui longent la vallée. En cette saison et à l'heure où on arrive cela ressemble plus à une ville fantôme. On loge dans une Guesthouse plutôt sympathique où il y a même une salle de bain avec un bon seau d'eau chaude.
Plus tard, on poursuivra encore vers l'ouest en moto pour longer cette belle vallée qui devient carrément impressionnante sous ce temps agité de vent et de nuages aux travers desquels le soleil fait quelques percées en donnant des impressions de fin du monde.
Au retour, le vent dans le dos, les sensations en moto sont excellentes et on file à toute trombe au son du moteur ronronnant de la Royal Enfield.
Surprise à quelques kms du village, on tombe sur la réserve d'essence voulant dire qu'on a plus que nos 2 petits réservoirs pour rentrer à Leh. En toute logique ça doit le faire mais je suis surpris de la consommation sur ce parcours. On décide de rentrer le lendemain pour se donner un peu de marge et anticiper tout problème.
- 18 juin : de Hunter à Leh
Au réveil ce matin, il y a un chameau dans le jardin. Only in India !
On attache le sac sur la moto et on croise les doigts pour que le retour se passe bien sans problème mécanique ou panne d'essence.
Le temps se couvre au passage du col mais tout se passe pas trop mal malgré la route dans un état déplorable mais ça ne doit pas être facile d'assurer un beau bitume à plus de 5600 mètres où le froid doit faire des ravages en hiver. De façon classique on est stoppés un long moment pour cause de travaux. Mais la fin de la descente est agréable avec une conduite groupée avec plusieurs motards en attaquant les courbes comme des champions.
On retrouve notre hôtel avec ses airs de pension familiale. Le soir, petit apéro au whisky tourbé, merci Véro / Ludo :-), en écoutant Duke Ellington (c'est pas classe ça ???), repas dans la belle salle à manger et petit épisode de "House Of Cards" sur l'IPad. On adore ces histoires de politique avec un Kevin Spacey au top. Like.
Et franchement, double Like pour la Royal Enfield qui nous a amené partout où on voulait, franchissant les cols et les obstacles sans (trop) broncher. De la belle mécanique !







Génial ! J'ai l'impression de voyager avec vous, c'est magnifique ! Mention spécial pour le petit film à moto !
RépondreSupprimerJ'espère que tu économise ton whisky, a ce rythme la tu n'en auras bientôt plus et nous allons être obligés donner du ravitaillement à Manu et Alain pour août !!!!
Bisous les Boud's
Yeah baby !!!! It rocks !
RépondreSupprimerSi vous avez refait 10 fois la scène de la moto ça m'étonne pas que vous manquiez d'essence ! ;)
RépondreSupprimerTop ! Keep on goin'
What a rebel!
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