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dimanche 15 juin 2014

Road trip jusqu'à Merac, un bout du monde

Merac n'est pas dans le Gers, mais l'isolement là bas y est également total. Récit de 3 jours en Royal Enfield sur les terribles routes du Ladakh en direction du lac Pangong.

  • 13 juin : de Leh à Spangmik

Le matin on retrouve notre loueur de bécane favori, toujours surbooké entre les différentes sollicitations dans son agence et son téléphone qui n'arrête pas de sonner. Finalement on réussit à préparer notre Royal Enfield Bullet 500cc avec un solide porte bagage pour accrocher notre sac et embarquer 2 jerricans d'essence (pas beaucoup de stations services où on va).

On sort de la ville par la désormais traditionnelle route en construction et actuellement incroyablement pousserieuse histoire d'en prendre plein les narines. Direction Karu, un bled au sud de Leh où se trouve l'intersection pour prendre la route vers le Chang La, le col à franchir aujourd'hui.

On est rapidement arrêtés par des militaires et on comprend que la route est coupée au niveau du col, c'est toujours compliqué les cols, surtout en Inde. On indique que notre premier arrêt est le monastère de Chemre qui est sur la route. Ok on peut passer.

Quelques kilomètres plus loin, il apparaît majestueux perché sur sa colline.

À l'entrée, des moines rieurs nous offrent un thé et on s'engouffre dans les escaliers qui montent vers les différents temples. Il y de l'activité ici, avec différentes prières et pas mal de touristes indiens qui viennent s'agenouiller et poser des billets de 10 roupies en offrande sous différentes statues.

 

On reprend notre engin, direction le col en espérant qu'il finira par ouvrir. On se plante inévitablement de route en arrivant à un cul de sac mais on retrouve la bonne direction. Plus on monte, plus la route se fait mauvaise voire carrément mauvaise avec des grosses caillasses, des trous et du sable. Le moteur souffre un peu mais on finit par déboucher au fameux col de Chang et ses 5360 mètres ! On est pas peu fiers et on va se boire un Thé à la cantoche du col.

Comme dit plus haut, c'est toujours compliqué les cols et effectivement 100 mètres après la route est coupée, de la neige l'a recouverte.



Avantages de la moto, on double la file de voitures pour se retrouver devant et observer la pelleteuse à la manœuvre en train de déblayer. C'est drôle, ça devient une scène classique pour nous donc on ne s'en fait pas. Le passage de la zone est par contre plus délicat, inséré dans la file de motos à rouler à 2 à l'heure sur cette neige glacée en évitant le gadin. Sigrid est passée à pieds pour plus de sécurité. Finalement on passe mais avec l'effet bouchon qui saute, la descente, sur une route aussi mauvaise qu'à la montée, se fait dans un tumulte de vrombissement de moteurs avec des chauffeurs obsédés par le dépassement en situation périlleuse. Mais tout rentre dans l'ordre et la route se fait plus calme. Le ciel par contre se couvre et la dernière partie de la route se fait dans des conditions extrêmes de vent, d'un peu de pluie et de véritable tempête de sable. Plus le temps de prendre des photos, on a l'impression de traverser la planète Mars dans un décor surréaliste de montagnes beaucoup trop grandes et arides. On finit par apercevoir le merveilleux bleu du lac Pangong et les différentes échoppes de bars et restaurants (c'est un grand mot) qui marchent bien en cette période de vacances indiennes. Car en effet, il faut le savoir, il y a beaucoup de touristes indiens en ce moment qui fuient la canicule des plaines. On continue un peu plus loin jusqu'au village de Spangmik où on trouve un "Homestay" tenu par un très maniéré et très courtois villageois. Le soir, on va se balader dans ce village jadis très joli mais aujourd'hui défiguré par des installations de tentes "de luxe" logeant les touristes indiens. Mais une photo bien cadrée donne l'impression d'un coin d'Irlande.
On discute un moment dans la salle à manger avec les hôtes et un couple de touristes (indiens of course).
  • 14 juin : de Spangmik à Merac, le bout du monde
Le matin, séance gymtonic avec démarrage de la Royal Enfield au kick et nous voilà partis encore plus à l'est sur des chemins terribles où plus grand monde ne va. 20 kms comme ça à trois à l'heure en évitant les gamelles et les cailloux trop pointus. Il ne vaut mieux pas qu'il arrive quoique ce soit à la moto, je suis pas sur que les risques soient couverts par l'assurance de ma MasterCard ici ! Pourtant à un moment je fais un mauvais choix de piste et nous voilà bloqués dans un creux entre sable et cailloux. Je crois entendre l'hélico de Gérard Holtz du Paris-Dakar en train de filmer un pauvre bougre en galère avec son engin. Grace à un effort surhumain de Sigrid qui pousse la moto, on se sort finalement de ce piège ! Plutôt drôle après coup et certainement pas si périlleux que ça :-). La route est superbe et le temps est magnifique, ce décor nous paraît surréaliste tant l'environnement est grandiose.
On arrive finalement dans ce petit village de Merac, un véritable bout du monde comme on les aime. Au bout du village, une petite tente avec un soldat qui s'ennuie, c'est un check post que nous n'avons pas le droit de dépasser, au delà on rentre dans la zone frontalière avec le Tibet dont on aperçoit les montagnes. Le lac Pangong n'a d'ailleurs qu'un tiers de sa superficie en Inde.
On trouve une maison dans laquelle loger et on va vite se promener vers les rives du lac pour se détendre de la route mouvementée. Après le repas, on grimpe sur une grande colline qui nous offre un vue globale sur le lac avec ses montagnes enneigées qui l'entourent. Que dire...c'est beau !
La fin d'après midi est très familiale avec un long moment passé avec la petite fille de la maison avec qui Sigrid joue et dessine pendant que je prends une dose de musique dans mon casque. Le soir tombe doucement, les troupeaux de Yaks rentrent au bercail et on attend avec impatience notre ration de riz avant d'aller nous coucher avec le traditionnel lavage de dent dans le ruisseau.
  • 15 juin : retour à Leh...par la même route...
Et oui, l'office du tourisme n'a pas encore prévu une boucle touristique qui permettrait d'éviter de refaire les mêmes 200 bornes dans ces conditions éprouvantes. On s'y colle assez tôt et on continue à croiser les doigts pour que la moto tienne le choc. L'expression "jusqu'ici tout va bien" prend ici tout son sens. La route est comme prévu chaotique mais se fait sans problème, le col est ouvert et on y boit notre thé. À la descente, on se met sur le côté pour laisser passer une interminable file de camions militaires mais tout cela se fait calmement et tranquillement bien que la route soit extrêmement fatigante.
On retrouve du bitume plus correct et on retrouve Leh par sa route poussiéreuse. Notre Hôtel et son seau d'eau chaude nous tend les bras (je précise en effet que depuis notre arrivée, les jours où on a la chance de se laver décemment cela ce fait via un seau d'eau !)
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 commentaires:

  1. génial, comme d'hab, ces lacs et ces paysages !! et que dire du making of de la photo... excellentissime !!!

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  2. On est intrigués par cette histoire de "douche"... Des photos ?

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  3. Je confirme : les photos du lac sont incroyables !
    Dommage qu'il n'y ait pas de Hilton là-bas ;)
    Ou c'est peut être mieux comme ça :)))

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  4. Looks like you're having the most amazing, adventurous time of your life! I look forward to a good old fashion slideshow when you come to Australia. Life will seem more boring and tame here but maybe you'll be ready for a rest!

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