Previous shows

dimanche 31 mai 2015

État-Unis - Part4 : En remontant le Mississippi et au delà...

Et voilà nous y sommes, la dernière note de ce blog, la 55ème ! Déjà quelques semaines que nous sommes rentrés, on a un peu repris nos marques mais les souvenirs sont bien présents et il est temps de se replonger dans les derniers jours de ce tour du monde pour finir ce journal. On vous a laissés à Las Vegas alors que nous étions sur le point d'embarquer dans notre avion d'une compagnie Low Cost où le coût du transport des bagages est plus cher que le coût des places. Pour ce dernier baroud d'honneur, nous vous emmenons sur les routes de l'Amerique profonde, nous allons traverser des villes et des régions aux sources de la culture et de l'histoire de ce pays si familier et si surprenant. Can you do it ?






  • 8 et 9 avril : le Texas


Vous les avez reconnus dans la dernière note ? La famille Ewing bien sûr ! Combien d'épisodes s'est-on farcis à supporter le sourire mesquin de JR et le regard de chien triste de Bobby sur un générique entêtant. À Dallas (ton univers impitoyaaaaa-aaable-eu) on nous demande si on veut un petit upgrade de voiture pour pas trop cher, je dis "why not" et là je vous demanderai de ne pas me juger hâtivement car, entre nous, pourquoi pas ?





Il faut bien ça pour s'engouffrer sur les autoroutes complexes à la circulation dense, pour s'imposer face aux camions qui vont plus vite que vous et taper une petite accélération au doux son d'un V6 qui vous propulse vers la prochaine ville.
On se rend à Fort Worth, la ville jumelle de Dallas, et plus précisément dans le quartier de Stockyards Station qui a gardé son ambiance cow-boy avec ses vieux bâtiments et son arène de rodéo. Comme toujours, c'est un beau mélange de tourisme et d'authenticité.











On va enfin goûter au BBQ Texan, où la viande (généralement des Ribs de porc ou un Brisket de viande de bœuf) est fumée trèèèèèèès longtemps. L'art est difficile mais quand la cuisson est réussie c'est tout simplement divin. On ne le sait pas encore, mais dans le petit resto où on s'installe ce soir-là on va certainement goûter le meilleur BBQ de notre voyage.









Plus tard, avant de rejoindre notre pauvre motel de bord d'autoroute (le premier d'une longue liste !), on se rend dans le centre de Fort Worth, une belle ville assez classe qui sait mélanger des beaux bâtiments anciens bien rénovés à des tours de verre et de béton. Ici aussi on rappelle que c'est le 22 novembre 1963, à Dallas la voisine, que John F. Kennedy a été assassiné dans des conditions qui restent mystérieuses.





Le lendemain, on fait rugir le moteur de la Camaro pour rejoindre la ville d'Austin, "Capitale mondiale de la musique live". Les tours de la ville apparaissent au loin et on programme dans le GPS l'adresse du resto "Franklin BBQ", une référence américaine dans l'art du BBQ Texan. J'en entends d'ici qui disent "c'est pas vrai, y vont encore se faire un barbeuc". À ceux-là je réponds : attention à l'utilisation du "y", faites l'effort de prononcer le L de "ils". Pour les amateurs, je recommande une visite sur cette chaîne de You Tube où le maître en question, Aaron Franklin, vous expliquera tout : https://m.youtube.com/user/BBQwithFranklin

Mais le bougre est tellement doué que tout les Etats-Unis sont au courant et il y a chaque jour une file d'attente démente. J'exagère ? Je fais le ronchon ? Sachez mes amis que votre attente régulière à la seule caisse qui n'avance du supermarché n'est rien à côté d'ici : pour manger à l'ouverture du resto (on devrait plutôt dire la cabane) à 11h00, il faudra vous pointer vers les 8h00 du mat'. Et ouais !

Nous on arrive un peu la fleur au fusil en fin de matinée mais en ce jour de semaine pluvieux on a failli avoir un coup de bol. Les derniers gonzes à pouvoir profiter de cette cuisine magique sont devant nous, on leur a filé un pauvre panneau en carton qu'ils sont chargés de montrer aux suivants et qui dit à peu près ceci : "on est les derniers, y'aura plus rien à manger pour vous". Il faut quand même préciser qu'ils en ont encore pour deux bonnes heures avant de s'en mette plein les doigts.

Le seul à avoir jamais doublé tout le monde, c'est Barack Obama himself et personne n'a rien trouvé à y redire. On prend quand même une photo souvenir et on se rend dans le centre de la ville.





Austin n'est pas très touristique, on déambule un peu dans les rues jusqu'au Capitol, siège du Sénat du Texas et bureaux du gouverneur de l'Etat où on retrouve ce bon vieux George W au milieu d'autres portraits.





On mange un morceau dans les jardins du bâtiment, profitant d'une distribution gratis de burgers (on se console comme on peut d'avoir raté le BBQ de Franklin).

En poursuivant notre route, et ayant besoin d'une bonne coupe de cheveux, je m'arrête au hasard dans un salon qui m'a l'air d'être un truc de hipsters où on va me faire un truc bien branché tout en dégustant une tasse de café organique et en me demandant si ce ne serait pas cool de me faire tatouer les bras.

En ouvrant la porte, un petit moment d'indécision quand je me rends compte que je viens de rentrer dans un salon spécialisé dans les coupes tendance afro, gangsta rap, black power, croisement entre le Prince de Bel Air et Kayne West. Un coiffeur libre lève les yeux sur moi et son froncement du sourcil droit trahit sa surprise de voir un blanc bec comme moi franchir le seuil du vieux salon où les autres sont à leur petite affaire à travailler leurs styles précis. Allez, le gars ponctura mes indications ("pas trop court hein ???") de "Ok, cool". Je regagne la Camaro sous le regard curieux et amusé de Sigrid, je ne dis rien et j'appuie sur l'accélérateur.

Direction Brenham, petite ville américaine parmi tant d'autres avec ses belles maisons en bois au jardin parfaitement entretenu et sans clôture. Avant de rejoindre le restaurant de BBQ de la ville (et je n'autoriserai aucun commentaire sur ce point), on se pose dans un motel tout droit sorti des années 70 jusque dans les voitures du parking.







  • 10-12 avril : Louisiane

Filons vers la Louisiane, notre sixième État d'Amerique, "l'État du Pélican" au fort tempérament et à l'ambiance bien particulière, entre extrême pauvreté des quartiers délabrés et attachement viscéral à la culture de cette région où la musique est reine.

En arrivant vers Lafayette, le temps devient vite déguelasse, on essuie des pluies diluviennes et on traverse des villes infiniment tristes et vides. Passer dans certains quartiers est une expérience en soi, on trouve dans le pays le plus riche et le plus puissant du monde des zones qui semblent avoir été laissées à l'abandon. Il y a pourtant des habitants dont certains restent assis sur le perron de leur maison en attendant...on sait pas trop quoi.

Question bouffe, quitter le Texas ne veut pas dire qu'on quitte le pays du BBQ, loin de là rassurez-vous. À Lafayette, on va donc au "Johnson's Boucanière" (http://johnsonsboucaniere.com/) le roi du boudin. On est o-b-l-i-g-é-s ! C'est un incontournable ! Dans une ambiance moite de soir d'orage en Lousianne (woua, c'est classe de dire ça !), on commande nos Ribs au milieu de sympathiques hipsters aux barbes de compétition qui nous offrent une bière et nous recommandent de faire hypra super gaffe quand on sera à la Nouvelle Orléans, une ville qui peut être vite chelou selon ces grands gaillards tatoués.

Plus tard, on ira rouler à faible allure dans les rues calmes et sombres de la ville, toit décapoté et bon rock aux accords gras pour nous accompagner dans les hauts parleurs.








Rendons-nous maintenant dans la légendaire Nouvelle Orléans que l'on connaît mieux depuis quelques jours puisque l'on regarde chaque soir un épisode de la très bonne série "Treme" (https://m.youtube.com/watch?v=fKpv17OlBpQ) qui porte le nom d'un quartier emblématique de la ville et qui raconte comment la vie a continué après l'ouragan Katrina qui a ravagé la Louisiane en 2005.

On la rejoint en prenant les petites routes de campagne, traversant cette région de bayou, des étendues d'eau et des marécages remplis de l'eau du Mississippi. On passe dans des petites villes charmantes aux belles demeures et on a même l'occasion de déguster des écrevisses, un incontournable du coin.











On arrive à la Nouvelle Orléans et comme souvent, il y a un festival de musique. On se retrouve par hasard en voiture en plein centre de la ville, dans le quartier français et dans la fameuse Bourbon Street qui est déjà peuplée d'une faune de soiffards prêts à passer une bonne soirée bien arrosée.

On avance doucement, slalomant entre les fêtards qui titubent déjà. On se gare dans une rue du quartier de Treme, on est plutôt content de cette heureuse coïncidence, et on file dans les rues animées...et pluvieuses.

L'endroit est un beau mélange d'authenticité, de boboisation et de tourisme de masse. On sait pas trop quoi ! Les rues sont superbes avec de magnifiques vieux bâtiments coloniaux et leurs balcons habillés de fer forgé.












On passe la soirée dans ces rues, passant la tête dans les bars où toute sorte de musique est jouée, mangeant dans des bouges un bon vieux "Po'Boy", le sandwich local, au milieu des gens bien allumés. On quadrille la ville jusqu'aux quais brumeux où quelques bateaux à roue à aube circulent, amenant leurs touristes ravis. On retourne dans Treme pour récupérer la voiture, la décapoter et rouler à faible allure comme on aime dans les quartiers aux belles maisons populaires qui ne montrent plus de trace du passage de l'ouragan. On rejoint note motel d'autoroute, celui-ci monte assez haut dans l'échelle de glauquitude.

Le lendemain, on retourne en ville pour profiter du programme musical de la journée, et on ne cache pas notre plaisir à assister au concert du groupe "Treme Brass Band" rendu célèbre par la série. Voilà un groupe purement du coin avec des trombones, trompettes, tuba contrebasse, saxophone, grosse caisse, tambours…




Et en live de chez live ici : https://youtu.be/dHRIWFIkGSo

Il y a de la musique à chaque coin de rue, des petits concerts improvisés aux grandes scènes à la sono surpuissante.









  • 13-16 avril : Mississippi et Tennessee

On traverse rapidement l'État du Mississippi (beaucoup de S, de P et de I dans le nom de cet État) en faisant halte pour la nuit à Vicksburg, une ville endormie et connue pour trois choses essentiellement : elle fut le lieu de violents combats lors de la guerre de Sécession, c'est ici que fut inventé le Coca-Cola et elle a abrité un fameux club de jazz, la Blue Room, qui a accueilli les plus grands comme Louis Armstrong, Ray Charles ou Fats Domino.




On arrive ainsi dans l'État du Tennessee (beaucoup de N, de S et de E), berceau de la musique Blues, Rock et Country. Une vraie plongée dans cet univers. C'est l'anniversaire de Sigrid et je l'emmène sur la route de Memphis, sur la route-euuuuuu de Memphis (Eddy Mitchell si tu nous entends...).

On s'arrête d'abord dans le petit bled de Indianola, ville proche du village natal de Riley B. King, le Blues Boy King ou autrement dit le grand B. B. King qui nous a quitté il y a peu. Il y a ici un petit musée très intéressant qui retrace la vie du personnage ainsi que l'histoire du blues tout en illustrant l'esprit du delta du Mississippi : la lutte des noirs pendant la ségrégation, la vie dans les champs de coton et la musique qui est née ici, dans les petites cabanes en bois et qui a aidé ces gens à s'évader un peu de la vie qu'on leur réservait.








Plus loin, on passe dans la ville de Clarksdale et ses quelques curiosités : le crossroads, à la croisée des routes 49 et 61, c'est ici même que Robert Johnson a vendu son âme au Diable pour jouer de la guitare. Écoutez donc "Crossroads Blues" ( https://m.youtube.com/watch?v=GsB_cGdgPTo ) pour se faire une idée du blues à ses origines.




On passe ensuite devant des "Juke Joints", des établissements aux origines du blues qui méritent une petite explication. Ce sont de véritables bouges, jamais un troquet n'aura aussi bien porté son nom, des bars de bord de routes du delta du Mississippi. Musique profane, danses suggestives, prostitution dans des cabanes en bois qui existent toujours et qui ont gardé ce côté complètement borderline avec des vieux canapés défoncés, des bâtisses sur le point se s'écrouler, des bbq fumant sur les terrasses. Ça ne commence à s'animer qu'à partir de minuit.

On passe devant le "Red's" tout d'abord, le plus dans son jus (plafond en sacs en plastique) puis devant le "Ground Zero" appartenant à Morgan Freeman.




Le mot "Juke" prend ses origines d'un terme de l'Afrique de l'ouest qui a survécu dans la langue Gullah, un mélange de créole et d'anglais. Cela veut dire "tapageur et turbulent".

Un rapport avec les Juke Box ? Oui jeunes gens, tonton Nico va vous expliquer : les Juke Joints étaient à l'origine animés par des musiciens jouant jusqu'aux heures les plus chaudes de la nuit mais petit à petit des machines automatiques passant de la musique enregistrée sur disque les ont remplacés. Ces machines ont naturellement été nommées des "Juke Box", vous savez donc maintenant que que quand vous claquiez une pièce de deux francs pour écouter la dernière chanson de Sheila (ou de Wham pour les plus jeunes d'entre nous, mais là je parle vraiment aux gamins), les origines de ce geste remontaient à la ségrégation et à la dure vie des noirs dans les champs de coton, et à leur vie débridée de la nuit pour oublier un moment tout ça.

On s'arrête également dans le petit bled d'Hernando qui n'a aucun intérêt pour nous, touristes, si ce n'est que le réservoir d'eau de la ville figure sur une pochette de l'excellent groupe "North Mississippi Allstars" qui est originaire du coin (check it out baby : http://youtu.be/rjIt-IuLE5U).





Puis nous arrivons dans les faubourgs de Memphis et on a beau être en fin d'après-midi, nous avons un programme chargé qui nous attend, une bonne dose d'histoire du rock'n'roll.

Memphis, c'est la ville du King. Voilà ça c'est dit. C'est chez lui que l'on passe tout d'abord, à Graceland, sa résidence décorée avec les goûts excessifs de l'époque à grand renforts de couleurs criardes et de moquettes. C'est une vraie immersion dans la culture rock un peu kitsch. Mais c'est le King.










On se rend ensuite devant les anciens studios "Stax" en traversant une ville qui nous paraît bien marquée par la pauvreté et le délabrement, dans certains quartiers du moins. Des artères entières sont bordées de vieux motels fermés et de maisons à l'abandon. Quelques magasins peu engageants subsistent pour les besoins de la population locale restée dans ces quartiers.
Impression assez étrange, surtout quand on passe peu après dans les beaux quartiers aux demeures superbes avec des jardins parfaits.

Les studios Stax furent l'épicentre de la Soul Music dans les années 60 : Otis Redding, Booker T, Wilson Pickett (pas vraiment de la Soul lui pourtant !) ont enregistré ici. Aujourd'hui il y a un grand musée qui retrace l'histoire de la Soul Music.

Tels des touristes pressés, on se rend ensuite dans le parc Overton (bordé de majestueuses maisons) où se trouve la scène "Levitt Shell" au look très 60´s. Et bien c'est ici mes amis qu'Elvis, le King, s'est produit pour la première fois en concert payant. L'occasion pour moi de m'essayer au fameux déhanché qui a fait hurler une génération de filles. Seule sur la pelouse devant la scène, Sigrid ne bronche pourtant pas.




Sans perdre de temps, et battant ainsi le record du monde de vitesse de passage devant les lieux de légende de Memphis, on se rend devant le Sun Studio, du légendaire producteur Sam Phillips.

Ici ont enregistrés Howlin' Wolf, B.B King et Ike Turner côté Soul puis Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Roy Orbinson et bien sûr le King himself pour le côté Rock. On vit l'histoire du Rock à 200 à l'heure, des endroits de légende qui sont restés là, dans des quartiers déserts et humides à cette heure de la journée.





Direction pour finir les quartiers du centre autour de Beale Street, là où dans les années 40/50 les noirs allaient passer les soirs de fin de semaine, seul endroit autorisé pour eux alors. B.B. King avait pris ses quartiers ici pour jouer et débuter sa légende. Aujourd'hui une partie de la rue est fermée à la circulation et abrite de nombreux bars et boutiques plutôt à destination des touristes.

Nous allons ensuite manger dans une institution de la ville, au "Charlie Vergo's Rendez-vous" où on mange dans une grande salle au sous-sol des énormes assiettes de…BBQ ! Allez, on est o-b-l-i-g-é-s, c'est l'anniversaire de Sigrid quand même ! Un bon pichet de Bud pour accompagner les ribs et le brisket plus quelques énormes pickles.




Le lendemain, on commence par avaler des grosses assiettes de pancakes et de french toast à "l'Arcade Restaurant". Je vous entend encore souffler derrière votre écran mais je dois préciser que pour le coup, on est o-b-l-i-g-é-s, c'est le restaurant où le King avait ses habitudes. Immanquable.

En sortant, on remarque un motel et on se dit qu'en cherchant un peu mieux on aurait pu le repérer avant pour dormir en plein centre ville au lieu de rester en banlieue dans des motels miteux. Erreur jeune homme, le "Lorraine Motel" ne figure pas sur Booking.com pour la bonne et simple raison qu'il est fermé depuis le 4 avril 1968, date à laquelle Martin Luther King a été assassiné sur le balcon de la chambre 306. C'est aujourd'hui un musée et un lieu de recueillement. Encore une page de l'histoire américaine qui nous arrive dessus sans prévenir. Ce militant des droits civiques des noirs américains, lauréat du prix Nobel de la paix en 1964, est tombé ici, tué par un ségrégationniste blanc. Un meurtre bien évidemment suivi de théories du complot en tout genre. On est aux États-Unis hein, n'oublions pas.




Plus loin, halte obligatoire à l'usine de fabrication de certains modèles des guitares Gibson. On fait la visite guidée de l'usine où on produit à la main une soixantaine de guitare par jour. On passe entre les différents ateliers dans un vacarme d'outils en tout genre et dans la poussière de sciure de bois.

Ma Gibson modèle Les Paul n'a pas été fabriquée ici mais dans l'usine de Nashville. Et en effet, oui, je possède une Gibson Les Paul Studio peinte d'un beau noir laqué sobre.







Nous quittons alors Memphis pour Nashville qui a l'air plus animée, peut être parce que l'équipe locale de Hockey sur glace joue ce soir contre les Blackhawks de Chicago dans un match de playoffs. On se gare presque miraculeusement dans la rue principale, Broadway, devant les bars animés et les boutiques de santiags et de vêtements de cow-boys.













On va boire une vieille Bud dans un troquet en écoutant un groupe à chapeau et veste en jean chanter des histoires se rapportant sûrement à des camionnettes dans la campagne avec des braves chiens et une femme partie…

C'est très plaisant de se trouver là, un tourisme un peu différent de ce que l'on connaît. On est là pour les ambiances et pour s'imprégner de la culture américaine. C'est vraiment ce que cette partie des US nous propose : partager et faire découvrir son histoire, celle de la musique country ici.




Le soir, après les burgers, les BBQ, les pancakes...on décide d'enchaîner sur le poulet frit. Pas n'importe lequel hein, il s'agit, selon différentes sources concordantes, du meilleur poulet frit du monde...Allons bon ! Vous avouerez qu'on est o-b-l-i-g-é-s de goûter !

On se dirige en périphérie de la ville et on se gare sur un petit parking en face de quelques boutiques banales au milieu desquelles se trouve le fameux "Prince's Hot Chicken Shack", un tout petit resto tenu par des blacks qui sert de façon nonchalante des morceaux de poulet frit réputés dans le pays entier et encensé par la critique dont le New York Times.

On a du bol d'avoir une petite table de libre pour avaler notre poulet entier (la moitié aurait largement suffit !) que l'on a prit en "Mild", ce qui est déjà très épicé ! "A good start" comme nous indique une femme assise un peu plus loin et dont on ne sait pas si elle attend sa commande ou si elle travaille là.

On prend notre temps et les morceaux disparaissent les uns après les autres accompagnés de leurs pickles et pain de mie. Le dernier morceau, on l'emmène avec nous, on en peut plus !




Sur le parking, des blacks avec leurs caisses trafiquées font cracher des basses qui font trembler tout le quartier. On se dirige vers notre motel en écoutant des vieux morceaux des White Stripes à fond. Après tout, Jack White (le chanteur / guitariste) possède ici un label de disque, le "Third Man Records" qui a aussi sa boutique qu'on ira voir le lendemain.




Dans cette ville, la musique est partout, il y a toujours des groupes qui jouent dans les bars (les Honky Tonk), il y a des salles de concert légendaires, des studios d'enregistrements mythiques et tous les grands noms du rock et de la country ont contribué à l'histoire de la ville comme Johnny Cash.

Peut être que Nashville est bien, comme le dit Dave Grohl des Foo Fighters, "la ville la plus cool des États-Unis".








  • 17-19 avril : Kentucky et Indiana

Direction Lousiville jeune homme, dans le Kentucky. Et ouais, Kentucky Fried Chicken ! Ça vient de là…




Mais bon, ça va bien le gras. On programme le GPS pour nous conduire à un Wholefood market, un supermarché veg-bio-organique-hipster-bobo avec immense salade bar hors de prix pour manger quelque chose de normal à midi. La barre de chocolat au beurre de cacahuète que je m'envoie au dessert est bio aussi je précise.




À Louisville on a encore un programme tendu. On se rend jusqu'au "Muhammad Ali Center" puisque l'incroyable boxeur à la confiance inébranlable est originaire de cette ville, puis au "Louisville Slugger Museum & Factory" qui produit les fameuses battes de baseball en bois. Malheureusement on ne pourra rien visiter, tout ferme à 17h00. Small Town...










Le soir, on se rend au concert de "The Reverend Peyton's Big Damn Band", un truc découvert la veille en regardant le programme les concerts à Louisville. Le style c'est Country Blues et ça envoie grave du bois. Il y a le chanteur / guitariste qui malmène ses différentes grattes en abusant du bottleneck et du fingerpicking, la joueuse de "washboard" (tôle ondulée que l'on gratte) plutôt bien en chair et le batteur. C'est très fort et certaines chansons sont vraiment bonnes.
Look : http://youtu.be/F4iLkdaK_uo




Tout ça termine à pas d'heure pour nous, autant de temps qu'on ne passera pas dans notre motel pourrave du jour, tellement dégu' qu'on dormira dans nos duvets !

Puis on continue notre route vers le nord, on a déjà fait pas mal de kilomètres dans notre belle bagnole noire et on roule toujours sur ces grandes routes rectilignes dans un paysage un peu monotone.

C'est samedi, et on tond les jardins avec des petits tracteurs rapides. C'est samedi et on enfourche sa Harley (sans casque et avec la petite veste brodée à l'image de son club) que l'on va faire pétarader sur les routes de campagne.

Une autre image des US, on savait que ça allait être très différent de l'ouest et ses parcs nationaux. On s'arrête à Fairmount pour une petite incursion dans une autre légende du pays : c'est la ville natale de James Dean. Il y a grandi, y a conduit sa première bécane pour se rendre au collège et y est enterré au cimetière municipal parmi ses concitoyens et sans chichi à part quelques traces de rouge à lèvre sur la modeste pierre tombale en marbre.




On arrive plus tard en pays Amish dont la devise, fortement respectable, est : "Tu ne te conformeras point à ce monde qui t'entoure". À l'origine, une communauté fondée en 1693 en Alsace ! Aujourd'hui, ces familles nombreuses sont concentrées en Amérique du Nord et essentiellement dans ce coin en vivant de façon simple mais féconde.

Au rythme actuel, ils pourraient être plus de trois millions d'ici 2100 (290 000 aujourd'hui). Une première charrette, appelée "Buggy" qui avance doucement sur le bord de la route où les voitures passent à fond nous fait dire que l'on est arrivés.

Derrière les vitres, on aperçoit des membres d'une famille dans leur tenue habituelle : pantalon noir, chemise bleu et chapeau pour les hommes, longue robe bleue et bonnet blanc pour les femmes.







Cette petite escapade dans ces régions hors du temps (bon on a quand même vue une famille s'enfiler des burgers dans un fast-food du coin) est un peu gâchée par le mauvais temps. Une forte pluie nous bloque dans notre immense hôtel vide de la petite ville de Shipshewana. De la fenêtre on voit quelques Buggy noirs qui vont en viennent. Les Amish sont mouillés !

Allez, demain nous serons dans une ville que l'on a toujours rêvé de visiter. Chicago !

  • 20-22 avril : Chicago


Dernière sortie en Camaro, sniff ! Notre GPS foireux nous fait arriver en ville de façon bien étrange, en traversant des zones industrielles que l'on croirait entièrement peintes en grises et en rouillé.

Il ne fait pas beau et il fait incroyablement froid ! L'air qui se refroidit sur les eaux du lac Michigan s'engouffre dans les rues de la ville en se transformant en vent glacial.

On traverse de véritables villes-usines appartenant à ArcelorMittal, ça fume aux milieux de vieux bâtiments en briques et structures métalliques.

On s'arrête pour prendre quelques photos au milieu des camions qui roulent à toute berzingue mais bon sang que ça caille !




On aperçoit enfin les premiers buildings de la ville que l'on atteint en longeant les rives du lac. Bon coin pour une photo d'ensemble de la ville.




On arrive finalement en plein centre avec la même sensation qu'à San Francisco : c'est bien calme ici ! L'architecture de la ville, par contre, est absolument unique et impressionnante. L'originalité tient à l'impression que tout est très ramassé, serré, pressé, comme si on avait voulu rentrer d'immenses immeubles, anciens et modernes, dans un minimum de place.

Tout est propre et les bâtiments sont merveilleusement bien intégrés entre eux. Les voies de metro aériennes métalliques façon Eiffel se faufilent au milieu des immeubles en brique, en pierre, en verre ou en métal. On passe dans des enchevêtrements de tunnels, de ponts et de routes parfois étroites.

On se dirige tout d'abord vers Oak Park, un quartier connu pour ses maisons conçues par Frank Lloyd Wright.




Les jours suivants seront consacrés à de longues balades dans la ville et ses nombreux quartiers. Je vous laisse en compagnie de quelques photos, le temps d'aller boire un café.






























C'est à Chicago que démarre la fameuse route 66 et si vous cherchez bien dans le blog vous trouverez dans la note sur Los Angeles une photo de nos bobines devant le panneau indiquant la fin de la route 66 au niveau de Santa Monica. Marrant non ?? On a commencé par la fin et on termine par le début. On est comme ça nous.







Des jours très agréables, logés dans un superbe appart avec une belle vue sur les buildings, la rivière Chicago et plus loin le lac Michigan. Mais le temps passe, aucune chance de le ralentir, et nous voilà à la veille de notre dernière étape. Il est l'heure de rejoindre "the greatest city in America", New York. Après, peut-être, on rentrera.


  • 23-27 avril : New York

I wanna wake up in a city that doesn't sleep, and find I'm king of the hill, top of the heap ! I want to be a part of it, New York, New York !

Quand Lizza Minnelli chante cet hymne à la grosse pomme en 1977, elle ne se doute pas que la ville sera prise d'assaut par les touristes français des années plus tard. New York, une ville française, du moins en cette période de vacances scolaires. Ça y est, on a remis un pied au bercail. À l'hôtel, ça se bouscule dans les ascenseurs qui se traînent et c'est la panique pour trouver un bout de table le matin pour manger son muffin. Tout le monde s'étonne du nombre de français, chacun se guette du coin de l'œil en attendant le bout de phrase qui trahira sa nationalité.

Mais New York est à nous, les grandes avenues sont à quelques pas. Le premier soir on se rend dans la ferveur de Times Square, forcément éblouis par les écrans tellement nombreux qu'on ne prête même plus attention aux marques qui y font leur pub.





Les jours suivants nous sillonnons les rues parallèles, perpendiculaires, passant aux pieds des buildings les plus fameux comme le Flat Iron, le Chrysler ou l'Empire State, traversant l'East River en empruntant le Brooklyn Bridge et sa superbe vue sur la ville.


















À midi, cédant aux sirènes des "place to be", on se rend au Katz's Delicatessen pour une première dose de n'importe quoi touristique. Le resto est notamment connu car une célèbre scène du cinéma américain y a été tourné.

Si vous ne voyez pas, googelisez "Harry + Sally + Katz". Le Katz's Deli, ouvert en 1888, sert de la cuisine juive nord-américaine dont les fameux sandwichs au pastrami. Yes ! Un délice à plus de 20$ quand même (sans les frites !) et en compagnie d'une horde de curieux et d'habitués. C'est la queue dehors sur le trottoir, c'est la foire d'empoigne pour commander au comptoir et c'est la lutte pour s'assoir. Mais bon, ça, c'est fait !





La traversée en ferry de la pointe de Manhattan jusqu'à Staten Island est un classique bien connu des touristes. C'est gratos et on profite d'une belle vue sur les immeubles de la ville qui s'éloignent doucement tandis qu'on se rapproche de la statue de la Liberté toujours aussi fière dans le ciel magnifiquement bleu du matin.









Retour dans le centre, quartier de Wall Street puis Ground Zero où, il y a 14 ans de cela, les tours jumelles du World Trade Center s'effondraient dans un effarement mondial. Depuis, des immenses fontaines sombres dont on ne voit pas le fond occupent leur emplacement et de nouveaux immeubles se sont dressés.

On traverse ce lieu pour rejoindre les quartiers branchouilles et à l'ambiance plus légère de SoHo, NoLIta, NoHo, Little Italy...La journée est ensoleillée et détendue.















Le lendemain, dimanche, direction Harlem pour une expérience très authentique de messe Gospel. Bon, oubliez tout de suite et sans perdre une seconde ce que je viens de vous dire sur le côté authentique.

Harlem le dimanche matin, aux alentours de certaines églises (celles indiquées dans les guides au moins), c'est l'attraction qui concurrence le Spacemountain de Disneyland. Mais peut être est-ce du à cette période hautement touristique.

Dans l'église la plus connue, une file d'attente qui fait le tour des pâtés de maison attend la distribution des tickets d'entrée en nombre limité. Pour se préparer à tenir les deux longues heures de la cérémonie, on entend des "vas me chercher un cheeseburger" dans la queue.

On tente notre chance dans une autre église où le pasteur nous avait chaudement accueilli quand on y avait passé la tête un peu plus tôt. Pas de file d'attente ici mais une assemblée constituée à facilement 80% de gringos, qui après un ou deux chants quittent les lieux pour passer à autre chose.

Un peu dérangeant d'assister à cette scène tandis que le pasteur s'évertue à passionner son audience. Mais ça, c'est fait aussi !




Mais New York n'est pas qu'une enfilade de touristos de notre acabit, au regard perplexe allant du guide vers le nom des rues, et on peut facilement se retrouver comme de vrais new-yorkais à s'enfiler des hot-dogs aux abords de Central Park et à déambuler bras-dessus bras-dessous dans les rues sombres de la ville avec ses célèbres fumées qui s'échappent des bouches d'égout.




On termine ces quelques jours tranquillement, retournant vers Brooklyn et dégustant les meilleurs burgers du monde tout en admirant les magnifiques détails qui ornent les bâtiments à l'architecture art-deco de la ville.










Dans quelques heures nous serons revenus à notre point de départ, Paris, d'où on avait décollé il y a un peu moins de un an pour l'Inde. Nous somme allés vers l'est, faisant parfois de grandes embardées vers des coins un peu plus polaires.

Nous avons fait le tour d'un monde bien fragile où la terre peut trembler et les volcans rentrer en éruption à tout moment, où les ouragans peuvent dévaster des régions entières et où l'océan est souvent une menace qui ronge les plages et qui peut soulever des vagues dévastatrices.

Mais c'est aussi un monde qui peut être accueillant et souriant, présentant des cultures riches et variées avec des populations fières de leurs pays. Nous avons eu la chance immense de le parcourir dans ces conditions.

Nous espérons garder longtemps ces souvenirs au plus profond de nous même en nous rappelant tous ces moments extraordinaires remplis de liberté.

Aussi au moment de terminer ce blog, non sans une certaine émotion, permettez-moi de remplacer le point final par un point d'exclamation !

1 commentaire: