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mardi 3 mars 2015

Mexique - Part2 : le Chiapas, Oaxaca et la Sierra Norte

Previously on "Sigrid & Nico on Tour" :

Nos deux globe-trotters sont arrivés au Mexique, sous le soleil du Yucatán. Les plages ne sont pas super facile d'accès mais ils se faufilent entre les bars et les hôtels pour s'immerger dans les eaux vertes des Caraïbes. Après avoir sillonné la région et ses fantastiques ruines mayas ils prennent un bus de nuit et vous ont proposé de les retrouver dans le petit matin du Chiapas...Nous y voilà donc.

 

 

 

  • 12-17 février : le Chiapas

On débarque à Palenque dans une chaleur moite malgré les 900 mètres d'altitude. On n'est pas très frais car les heures précédentes on a fait pas mal de bagnole, on est restés un après-midi à la plage (on va pas se plaindre non plus) et on a passé la nuit dans un bus. La douche n'est pas pour tout de suite, loin de là, on doit d'abord visiter les ruines de l'ancienne Palenque, un site majeur de la civilisation maya.

 

 

On la découvre dans la brume du matin, planquée dans une jungle luxuriante. Visite agréable, toujours accompagnée par les commentaires parfois gnangnans de notre guide du routard trouvé dans je ne sais plus quel hôtel. Le site abritait l'impressionnante tombe de Pakal, le plus célèbre souverain de cette cité.

 

 

 

 

 

Comme d'habitude, on est arrivés très tôt pour profiter de l'endroit sans trop de monde et on s'éclipse discrètement dès que la foule se pointe devant les monuments.

 

 

On retourne dans le centre de Palenque, un peu au radar et on va manger un (gros) morceau dans une petite gargote. On reprend un bus pour se rendre à Ocosingo où on se posera enfin. On traverse une région vallonée à la végétation tropicale et des villages qui ont l'air d'une grande pauvreté, on passe devant de nombreux panneaux ventant l'EZLN (l'Armée Zapatiste de Libération Nationale) sachant très bien qu'aujourd'hui la lutte est plutôt au point mort. Pas mal de militaires également dont on ne connaît pas trop les relations avec les habitants. Mais pour la première fois, une véritable sensation d'être au cœur du Mexique, loin des grands complexes hôteliers de la côte du Yucatán. Cela se confirme à Ocosingo, petite ville pleine de caractère où on loge dans l'hôtel principal donnant sur le Zócalo, la grande place de la ville. Ambiance agréable le soir avec des stands de rue vendant de quoi manger alors que tout le monde semble s'être donné rendez-vous ici.

Le lendemain, après un petit dej bien local (viande épicée !), petit tour au site maya de Toniná, un des derniers je vous rassure !

 

 

Ce site est en fait une immense pyramide adossée à une colline avec de nombreux escaliers et bâtiments. On a l'impression de rentrer dans un lieu un peu plus mystique que les autres avec notamment un Templo de la Guerra Cósmica (temple de la Guerre cosmique) et ses couloirs sombres et labyrinthiques.

 

 

 

 

On se rend ensuite à San Cristóbal de Las Casas, une ville qui s'est lancée dans un titanesque travail de restauration des façades, il y a des échafaudages partout et des centaines de gonzes qui grattent la pierre avant de la repeindre. Beaucoup de circulation, partout, dans toutes les rues. Quelques touristes, pas mal de restos et bars typiques des villes qui sont maintenant habituées à recevoir les étrangers avec leurs envies de bouffe italienne, végétarienne et de boulangeries bio. San Cristóbal de Las Casas reste cependant très belle et authentique avec ses nombreuses églises et ses habitants dont pas mal se baladent encore en tenue traditionnelle. Des vendeurs de rue à tous les coins, on savoure du maïs grillé, des chips artisanales, un ananas et des pâtisseries au goût bizarre de beurre ou de fromage rance. On s'installe dans le charmant Hotel Posada Belén sur une petite place calme devant l'Iglesia de Mexicanos.

 

 

 

 
 

 

 

 

 

On va rester ici 3 nuits, une bonne base pour découvrir les alentours, les villages et les petites routes du Chiapas.

Notre première destination sera le village de San Juan Chamula, habité majoritairement par des Tzotziles, décendants des Mayas avec leur propre dialecte. Nous sommes en période de carnaval, et celui de ce village est particulièrement réputé même si on a lu ici ou là qu'il "avait vendu son âme au tourisme". Houla ! Et bien franchement, on cherche toujours pourquoi. On peut dire qu'on a roulé un peu notre bosse à droite et à gauche et on a trouvé l'ambiance de ce lieu particulièrement authentique et avec finalement relativement peu de touristes. On reste cependant sur nos gardes car les gens du village refusent généralement d'être pris en photo, on leur volerait leur âme même si ce n'est pas du tout notre intention hein (et puis qu'est ce qu'on en ferait, on serait bien tiens...).

On débarque donc tôt le matin sans trop savoir à quoi s'attendre et on va vite se retrouver dans une ambiance étonnante où tout le monde est en tenue, que ça soit les costumes colorés des joueurs d'une musique mélancolique basée sur deux notes ou les ponchos en laine blanche ou noir de ceux qui s'apparentent plus à des chefs.


 

 

En arrivant, il y a déjà beaucoup d'activité, des hommes portant des drapeaux tournent au son de la musique et des pétards puissants, de la poudre pressée dans des tubes certainement en plomb et tenus à bout de bras par les artificiers qui lancent aussi des fusées assourdissantes. D'autres distribuent des boissons (café ou étrange mixture à base de lait que je bois cul-sec histoire de prouver toute ma virilité) et de la nourriture (espèce de pâte pas très cuite avec des morceaux marrons à l'intérieur que je m'efforce d'avaler pour prouver mon courage). Et il y a cette musique permanente, deux notes tristes jouées à la guitare et accordéon, accompagnés de tambours et percussions. Les musiciens la joue à l'infini rentrant dans une transe, bien aidé sûrement par pas mal de bière.

 

 

Pas de bière pour nous mais du coca que l'on boit ici dans des quantités qui dépassent l'entendement. Le coca ? Ça fait rôter et c'est exactement ce que l'on cherche ici en cette période car le rot purge ce qui est mauvais en vous. On participe joyeusement à cette tradition et perso il n'y avait plus grand chose de mauvais en moi en fin de journée.

Les femmes sont un peu à l'écart des festivités même si elles sont bien présentes et rayonnantes dans leurs tenues.

 

 

On pénètre dans l'église (que vous ne verrez pas...) et on rentre en même temps dans un autre siècle. L'intérieur est sombre et dépourvu de bancs. De l'encens rempli l'espace d'une brume mystique alors que les pèlerins se regroupent autour de milliers de bougies fixées à même le sol grâce à leur cire. On marche sur des aiguilles de pin qui ont été disposées partout dans l'église. La foule est compacte, le plus souvent agenouillée en train de prier. On se déplace lentement, complètement transparents au milieu de cette ferveur.

 

 

Dehors, le petit air à deux notes continue d'envelopper l'ambiance toute particulière de ce rassemblement.

Sur la grande place se tient un marché coloré qui attire les habitants des villages voisins.

 

 

 

 

On rentre tranquillement à l'hôtel, cette expérience m'a rendu tout chose et j'essaie de faire de l'automédication sur internet pour comprendre les symptômes mais je ne trouve rien de bien sérieux.

 

 

Le lendemain, la voiture de location la plus pourrie de toute la Meso-Amérique nous attend pour une virée sur les petites routes du Chiapas. Direction tout d'abord le village de Zinacantán où on fête également le carnaval dans des tenues un peu plus trash.

 

 

 

 

Ici les villageois picolent un peu plus et avancent lentement dans les rues en direction d'une colline où ils vont continuer à boire et à danser.

 

 

 

 

On les suit un moment sous un soleil de plomb avant de reprendre notre route jusqu'à San Pedro Chenalhó. Ces endroits ont vraiment connus les violences de la rébellion zapatiste dans le passé. C'est beaucoup plus calme aujourd'hui et on en profite pour se faire un bon poulet grillé (qui me causera par la suite une salle nuit !).

 

 

 

Les routes font défiler la campagne du Chiapas telle qu'on se l'imagine. Des collines boisées, une jungle dense et des villages pauvres aux traditions bien ancrées.

 

 

 

 

 

Le jour suivant, on retourne à San Juan Chamula pour le dernier jour du carnaval. On retrouve le monde coloré et les deux notes de musique. La foule est encore plus nombreuse et a envahi les hauteurs de la place pour assister au spectacle des taureaux qui, tenus par de longues cordes, courent sur les pavés au milieu des villageois qui essaient de leur grimper dessus. Auparavant, certains d'entre eux avaient courus sur des braise en faisant des aller-retours tout en brandissant de grands drapeaux aux motifs fleuris.

 

 

 

 

Voilou, nous allons quitter le Chiapas dont nous aurons eu un tout petit aperçu mais avec la chance d'être tombé sur une période festive. Je bois un dernier drink sur la terrasse de notre hôtel alors que Sigrid a des plaisirs beaucoup plus simples avec un petit morceau de pain dégusté sur un banc public avant d'embarquer pour une nouvelle nuit de bus.

 

 

 

 

 

  • 18-24 février : Oaxaca et la Sierra Norte

 

Prononcez Oaraca svp. Nouvelle nuit de bus, on a fait plusieurs arrêts où des militaires sont rentrés histoire de nous coller leur lampe de poche sur la figure. À Oaxaca, on trouve à nouveau une ville agréable et assez chic.

 

 

 

 

On ne peut pas faire autrement que d'aller visiter un site historique, celui de Monte Albán perché sur une colline. On est maintenant chez les Zapotèques, amateurs de vastes places qu'il faut traverser sous un soleil cuisant.

 

 

 

 

 

On se rend également dans des villages proches où l'activité déborde pendant les jours de marché. On se rend d'abord à Zaachila puis à Ocotlán, chacun avec sa personnalité et ses stands débordants de marchandise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis on se dit que ça fait quand même un moment qu'on a pas dégourdis nos jambes, on se trimballe quand même des chaussures de marche qui commencent à prendre la poussière au fond du sac. Jeune homme, direction la Sierra Norte pour quelques kilomètres sur des pistes et sentiers allant de village en village. On atterri donc dans le petit bled de Llano Grande à plus de 3000 mètres d'altitude pour quatre jours de balade en forêt. Enfin !

 

 

 

 

Des villages de la région se sont regroupés pour proposer des sentiers de randonnée et des hébergements plutôt confortables. Ça s'appelle les Pueblos Mancomunados et ça permet de découvrir des lieux reculés perdus au milieu des montagnes et de la forêt. Après l'agitation des villes, on n'est pas mécontents de faire une bonne sieste à l'abri des pins et dans un calme parfait.

 

 

 
 
 
 
 
 

Un peu de repos car mine de rien on va faire quelques kilomètres sur les jours qui viennent, à traverser des forêts et longer des rivières, en croisant des locaux tous accueillants et souriants. Après Llano Grande, on fait une première halte à Lachatao, notre village préfèré avec un petit air de Léoncel dans la Drôme. L'air y est frais et il y a une belle église. La vie associative y est très importante et le village s'est lancé dans de nombreux programmes, notamment financés par des gringos comme nous, l'Etat ayant complètement abandonné ces endroits perdus. Tout le monde ici semble jouer au basket mais Sigrid les calme tous avec ses 88.7% de réussite au lancer franc.

 

 

 

 

 

Le lendemain, on poursuit notre longue route vers le village de Latuvi que l'on atteint après s'être un peu paumés. On traverse ce jour là de magnifiques paysages à la végétation parfois surprenante. Dans les champs, les paysans sont à leur affaire en les labourant à l'aide de bœufs. Les femmes surveillent les petits troupeaux en trimbalant leurs enfants dans le dos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière journée on rejoint le village de Benito Juarez par une piste en montée continue. De là, on rejoindra Oaxaca par les moyens du bord ou plutôt en profitant de la gentillesse des Mexicains qui nous proposent de faire un bout de route avec eux alors qu'on ne faisait même pas de stop.

On a bien marché, on est un peu creuvés, on va se prendre un bon hamac et envisager la dernière étape de notre périple mexicain. Qu'est ce qu'il nous reste ? On n'aura malheureusement pas le temps d'aller dans les déserts à la Zorro où on se balade en poncho et en sombrero. Alors quoi ? Allons à Mexico !

Mexiiiiicooooo ! Arriba !

 

 

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