Voilà déjà quelques mois que nous sommes sur la route. Pour cette mid-trip crisis, on a décidé de se trouver un coin tranquille, assez éloigné de tout.
C'est lors de notre passage chez Mike et Jack Bent qu'on a décidé d'aller aux Samoa. Kona, un locataire de Jack, est un chef Samoa mais n'est pas retourné dans son pays depuis longtemps. On voulait une étape en Polynésie, et ce hasard nous a fait pointé ces petites îles sur la carte.
Prenez une paire de tongues, un vieux T-Shirt et un maillot de bain, c'est tout ce dont vous aurez besoin pour suivre cette étape. Afio Mai !
- 24-26 novembre : Apia sur l'île d'Upolu
Apia est la capitale des Samoa, elle se situe sur Upolu, une des deux principales îles avec Savai'i. On y arrive assez tard le soir, le vol a eu pas mal de retard depuis Auckland. À l'arrivée, un petit groupe joue de la guitare et chante. Les passagers sont quasiment tous Samoans, très peu de Palagi, nom donné aux blanc-becs comme nous. On rejoint notre hôtel qui est une vieille maison aux beaux planchers vernis.
Ces premiers jours sont gris et pluvieux ce qui est plutôt normal en cette saison. Comme pas mal d'îles, les Samoa peuvent être un véritable paradis mais très exposé aux éléments. En 2009, un terrible Tsunami a touché la côte sud-est de Upolu et un cyclone a fait beaucoup de dégâts début 2012. Détail plus léger : le 30 décembre 2011 n'a jamais existé ici, c'est le jour où le pays à décidé de changer de fuseau horaire. Il est passé de l'autre côté de la ligne fatidique où, selon d'où on arrive, on perd un jour ou on gagne un jour en la traversant.
Bref, tout ça pour dire qu'il flotte et qu'on se demande comment on va faire pour bronzer un peu.
Deux jours dans la capitale nous permettent de nous familiariser avec le pays et sa culture, le rythme de vie. On se rend dans les marchés, au port, on observe l'activité des bus colorés à l'intérieur boisé, toujours bondés et qui diffusent de la musique à fond.
C'est aussi l'occasion de goûter notre première Vailima, la bière locale et véritable institution. Les Samoans sont souriants, accueillants et on prend l'habitude du coin de saluer tout le monde que l'on croise. Sympathique.
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| La sixième étoile samoane |
- 27-29 novembre : Tafatafa sur l'île d'Upolu
Encore la pluie le matin quand on prend possession de notre voiture pour les jours à venir, une méchante Subaru Outback. Pas beaucoup de routes sur l'île, on ne devrait pas se perdre, on prend celle qui la traverse du nord au sud pour se rendre à Tafatafa, un village au nom chantant où on va trouver notre premier fale, ces constructions traditionnelles samoanes constituées d'un plancher sur pilotis et recouvert d'un toit en feuilles de cocotiers tressés. C'est là qu'on dort, le temps de se faire installer un matelas à même le sol et d'une moustiquaire obligatoire. Car c'est le revers de la médaille de ces îles : on se fait bouffer en permanence par toutes sortes de bestioles. Autant dire qu'on a abusé du répulsif pendant le sejour et que ça cocotait la citronnelle sur la plage.
On s'installe au Vaiula Beach Fales pour trois jours. On y est amenés par Sunny, un gonze qu'on a pris en stop et qui s'est installé là parce que c'est le meilleur endroit au monde selon lui. Ouha ! Ça y est on y est alors ? L'endroit est tenu par Dave, le chef de famille dont on ne sait pas trop combien il a de femmes et d'enfants. L'autre indigène du coin, c'est Marc, un anglais à l'œil un peu fou et à la coupe iroquoise maison qui a également posé ses valises ici. Il s'occupe du bar et propose aussi des balades jusqu'à des chutes d'eau "cherche pas sur la carte elles y sont pas". On s'y rend dans l'après midi accompagnés de la totalité des autres touristos installés au Vaiula Beach Hotel : George le chilien et Sam&Beckie, frère et sœur australiens. Sans oublier Whisky le chien.
C'est un peu l'équipée sauvage dans une vielle bagnole break que l'on bousille à moitié sur les petits chemins de l'île où dépassent des noix de coco qui raclent sous la voiture. On traverse des villages isolés où Marc donne quelques boîtes de conserve aux habitants pour les remercier de pouvoir traverser leurs terres. On rejoint les trois différentes chutes en marchant dans les rivières et en grimpant sur les sols herbeux et boueux des collines aux allures de jungle. Tu m'étonnes que c'est pas sur les cartes ! Mais les lieux sont magnifiques et les cascades impressionnantes.
Les casse-cous qui nous accompagnent se jettent dans le bassin depuis le haut de cascade de la photo ci-dessus mais on est un peu retissants pour celle là, on n'a que le niveau première étoile en saut acrobatique. On se rattrape sur une autre cascade, désolé pas en photos, mais elle n'etait pas mal non plus et surtout on avait pas le choix car il fallait avancer ! Sigrid réalise un saut superbe et maitrisé, c'est une autre histoire pour moi la faute à un rocher un peu glissant en haut. Alors que je pédale dans le vide pour m'éloigner de la paroi (complètement inutile et ridicule), j'ai le temps de voir les visages en dessous qui se demandent en combien de morceaux il vont me récupérer. Finalement un gros plouf et pas de mal.
Plus tard, pour se remette des émotions, Marc nous conduit à une plage absolument paradisiaque. On y débarque comme une bande de jeunes débauchés avec notre litre de bière à la main et entassés dans la vieille Toyota rouillée.
C'est la fin d'après-midi, la lumière est superbe et la Vailima est fraîche. On nage jusqu'à un rocher pour faire face au soleil qui se couche. Magnifique !
Les jours suivants sont aussi agréables, le beau temps et la pluie se succèdent au cours de la journée.
On trouve quelques petits chemins pour marcher un peu, notamment le long de la côte et sur des coulées de lave devenues des falaises contre lesquelles se fracassent les vagues.
Au hasard d'un arrêt en bord de route pour prendre l'ambiance d'un village, on rencontre Sio qui nous propose un tour sur les embarcations traditionnelles samoanes, des minuscules kayaks en bois. Juste pour le plaisir de nous faire découvrir son coin, ils sont comme ça les samoans. On traverse une mangrove jusqu'à la bande de terre qui la sépare de l'océan. En route, on s'arrête auprès d'un gars qui ramasse des coquillages sous le sable en le tâtant des pieds. L'occasion de faire une petite dégustation.
On roule comme ça le long de la route principale qui fait le tour de l'île. Les villages se ressemblent, il y a des églises et des écoles partout. Les jardins et bords de routes sont incroyablement bien entretenus. Autour des maisons et des larges espaces couverts où les villageois se rassemblent, des bosquets de fleurs et des pelouses impeccablement tondues.
Des petites épiceries, service au comptoir, où les villageaois viennent acheter les deux ou trois bricoles qui poussent pas dans leur jardin, sont aussi des lieux sociaux où on se rencontre et on discute. Pour nous, c'est là où on trouve notre menu classique du midi : crackers et boîtes de thon.
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| Deux boîtes de thon à emporter svp |
Et il y a bien sûr les bus, le lien entre les villages, qui s'arrêtent tous les dix mètres au rythme de leurs sonos et des bras qui se tendent sur la route.
Entre ces moments où on sillone les routes à faible allure, à saluer tout le monde de la main même quand ils sont à moitié endormis dans leurs fales, on s'arrête pour découvrir de nouvelles plages et se plonger dans l'eau chaude (presque trop) des lagons.
- 30 novembre - 2 décembre : Manase sur l'île de Savai'i
Il est temps de passer sur l'autre grande île des Samoa : Savai'i. On s'y rend en Ferry, plutôt calme en ce dimanche alors qu'ils peuvent être rapidement bondés.
Le dimanche, le programme classique est des plus simples aux Samoa : on s'habille en blanc : sarong, chemise et cravate pour les hommes et robe et chapeaux pour les femmes. On se rend ensuite à la messe dans une des très nombreuses églises, on attend patiemment que le prêtre ait fini (ça peut être long !) et on prépare le repas dominical. Ensuite, et ben c'est la sieste : on va s'étaler dans un fale, de préférence sur la plage et agréablement venté, et on se fait bercer par le bruit des vagues.
En ce qui nous concerne, on doit rejoindre notre prochain lieu de séjour : le Regina Beach Fale. À la sortie du bateau, on grimpe dans un bus forcément bondé et c'est parti pour plus d'une heure sur la petite route qui fait le tour de l'île.
On arrive chez Regina, l'endroit qui restera notre préféré aux Samoa. Le fale que nous occupons a presque les pilotis dans l'eau et on est tout seuls. La famille qui tient ça est très accueillante et les repas seront délicieux, tout provenant de leurs jardins sur les hauteurs de la colline : noix de coco, papaye, ananas, tapioca, racines diverses remplaçant parfaitement un bon morceau de pain...et bien sûr du poisson qui ne doit pas venir de très loin.
On discute pas mal avec la famille et on voit que les risques naturels reviennent souvent dans les conversations. Peur de nouveaux cyclones, tsunamis et autre tremblements de terre. La plage ici aussi se fait manger petit à petit par la mer. Faudra-il songer un jour à reconstruire la route plus loin des côtes ? Faudra-il s'installer sur les hauteurs pour être un peu plus à l'abri ? C'est une préoccupation permanente.
Mais au delà de ces réalités profondément ancrées, les samoans continuent de profiter de leurs pays et ne cessent de dire combien la vie peut être agréable ici. Pour des touristes de passage, ce n'est pas mal non plus.
La vie dans les îles, ça se passe comme ça (pas systématiquement mais souvent) :
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| Pas mal...pas mal du tout |
Pendant ces quelques jours, calme absolu. Pas mal de lecture dans la brise légère, beaucoup de plage aussi dans le calme du lagon et seuls au monde en cette période de l'année.
On regarde aussi ce qu'il se passe sous l'eau et l'animation des poissons qui se nourrissent dans les récifs de corail. On voit aussi des têtes de tortues qui sortent régulièrement de l'eau pour prendre un peu d'air avant de replonger.
Avec Lina, on va se promener dans la collines sur les terres de la famille où poussent les fruits et légumes. Elle nous apprend pas mal de choses et on goûte à toutes sortes de fruits.
On se promène le long de la route, traversant les villages qui s'animent en fin de journée avec des parties de volley-ball et des répétitions de danse dans les églises ou les vastes lieux ouverts qui rassemblent les locaux.
Les journées s'écoulent à un rythme paisible et avant qu'on s'en aperçoive, il est temps de partir pour notre nouvelle étape, plus à l'ouest. On profite d'un taxi commandé par Wayne, un australien qui a débarqué en vélo (et qui prend un taxi, me demandez pas pourquoi).
- 3-6 décembre : Auala sur l'île de Savai'i
On est moins charmés par l'endroit où on va séjourner quelques nuits, il a plus l'apparence d'un "resort" proprement organisé avec son restaurant, bar, tableaux d'activités et personnel avenant. On loge quand même dans une jolie petite cabane avec balcon donnant sur la mer. Hé ! Ho ! On va pas se plaindre quand même non ??
Au large du lagon, une petite île nous fait des appels du pied. On part taquiner la pagaie dans un kayak mis à disposition par l'hôtel. Le soleil cogne et arrivés sur place on se rend compte qu'on aurait du prendre des tongues, à part un petit bout de plage, le reste n'est que caillasse coupante et corail mort. On se bousille quand même les pieds pour en faire le tour et se rapprocher du bout du lagon derrière lequel les vagues de l'océan sont impressionnantes. On retournera sur cette petite île le lendemain, bien équipés cette fois-ci.
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| Photo sponsorisée par les magasins Décathlon |
De retour sur Savai'i, toujours sans voiture, on marche longuement de long de la route en traversant les villages animés.
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| La piscine municipale |
Le reste du temps, on se baigne dans les eaux bleues turquoises du lagon. On est devenus noirs comme des cochons de Bigorre.
On finit par louer une voiture pour aller explorer l'île de Savai'i. Celle là on va pas avoir peur de la faire rouler n'importe où ni de la garer sous les cocotiers.
Le premier jour, circumnavigation de l'île dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. 190kms et sans s'en rendre compte, on revient à notre point de départ. Pas mal d'arrêts dont un dans une école qui fête la fin d'année. Et oui les kids, pendant que vous vous préparerez aux deux petites semaines des vacances de Noël dans le froid, ici c'est les grandes vacances d'été qui commencent ! Les enfants sont assis par terre devant les parents plus confortablement installés dans des chaises et rythment du claquement de leurs mains la musique qui est diffusée. Au milieu, un petit espace où qui veut vient danser un moment sous les rires et les applaudissements. Qu'est ce que vous croyez ? On va se pointer et regarder ça tranquillement ? Je suis entraîné sur scène par une dame qui doit savoir se faire respecter et elle me montre quelques enchaînements que j'exécute, ma foi, pas si mal que ça. Quoi, vous me croyez pas ? Attendez le prochain bonus...
Plus loin, sur un bout de côte aux allures sauvages qu'on atteint par un chemin cabossé, une curiosité naturelle : les Alofaaga Blowholes. Sur les étendues de lave, de trous se sont formés dans le sol, expédiant en l'air comme de véritables geysers l'eau des vagues qui viennent s'éclater contre les falaises.
Le jour suivant, on conduit le long d'une petite boucle à l'extrémité nord ouest de l'île. Un coin comme on les aime, ambiance bout du monde. Une piste en terre longe la côte avec ses plages immenses sans lagon. Les vagues viennent donc au plus près et la mer est plutôt agitée aujourd'hui.
Passage au cap Mulinuu, un des premiers endroits au monde pour voir le soleil se coucher. Dans le village de Falealupo, les restes d'une église détruite par d'immenses vagues en 1990 rappellent que ça ne rigole pas tout le temps ici.
On se baigne sur de magnifiques plages avec cette impression de solitude et d'isolement (de solituuuuuude et d'isoooooolement...on est à Belle-île ou quoi ???).
- 7 décembre : Lalomalava sur l'île de Savai'i
On prend doucement le chemin du retour avec une derrière halte dans un dernier hôtel près du ferry. On est dimanche, on en profite pour assister à une messe en compagnie des samoans habillés pour l'occasion. Il se trouve que l'on connaît le prêtre, on l'avait croisé dans le bateau pour venir. On essaie de rentrer discrètement dans l'église mais le prêtre nous repère et après avoir fait remarquer à tout le monde qu'on était en retard, il enchaine sur un sermont en anglais. Ça rallonge la messe et je ne sais pas si ça convient à tout le monde !
À la sortie, il nous invite chez lui rapidement et on profite d'un voyage de sa femme à Apia pour se faire amener à notre hôtel du soir à plus d'une heure de trajet à toute trombe. La femme du curé a le pied lourd !
Rien de particulier pour notre dernière étape, un hôtel proche des ferry sans trop d'intérêt, l'eau ne se prête pas à la baignade ici. On se promène sur la route principale où les églises continuent d'attirer du monde.
Le lendemain, on se met en condition pour le long voyage qui nous attend. Il commence par la traversée en Ferry jusqu'à Upolu où quelques heures à l'aéroport nous attendent avant notre avion du soir pour Auckland. De là on embarque le soir suivant pour le marathon du ciel : Los Angeles (près de 12 heures) puis Lima (8 heures) et enfin Santiago (3 heures). Tout ça dans un tourbillon de fuseaux horaires. On traverse la fameuse ligne internationale et on se retrouve un jour avant !
Mes amis, jusqu'ici nous avions beaucoup d'avance sur vous, nous serons désormais en retard de quelques heures...
On a quitté les Samoa avec un petit pincement au cœur, mais de nouvelles routes s'ouvrent à nous. Tofa Soifua les îles et Hola le Chili !














































Encore une belle destination qui fait rêver ! Hâte de voir Nico en pleine danse... Vivement le bonus !
RépondreSupprimerTous ces avions pour "juste" traverser le pacifique !!!
RépondreSupprimerProfitez bien les amis et joyeux Noël à l'autre bout du monde.
Bises à tous les deux
Caro, alexis, Raphael & eric
Joyeux Noël
RépondreSupprimerLe saut de Sigrid depuis le ponton c'est une blague ? ;)
RépondreSupprimerElle imite mon saut foireux depuis la cascade !
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