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samedi 13 septembre 2014

Le Japon - Part 2 - Hokkaido

Après avoir bien profité de la région du Honshu, direction l'île d'Hokkaido tout au nord du Japon. C'est un autre voyage tant les ambiances là haut sont différentes. L'île représente 20% de la surface du pays mais n'abrite que 5% de sa population. On va arrêter de se marcher sur les pieds et retrouver les grands espaces sauvages !

 

  • 30 août : Hakodate

Tandis que nos bordelais entament le long retour au bercail, on embarque dans notre train JR pour une belle trotte aussi jusqu'à la ville d'Hakodate tout au sud de l'île d'Hokkaido.

Après un changement à Aomori, le train s'enfonce dans le tunnel de Seikan pour passer le détroit de Tsugaru. Après avoir pris le train le plus haut du monde entre Lhassa et Shanghai, nous voici maintenant dans le train prenant le tunnel sous marin le plus long (23,3 km) et le plus profond (240 m) du monde.

Voilà, nous sommes sur l'île d'Hokkaido, fantasmée par les cols blancs stressés des bureaux des grandes villes du Honshu. Tout semble plus rude ici. Même si l'accueil des japonais est toujours et partout chaleureux, on sent bien que les hivers sont rigoureux, que la nature est encore plus prédominante qu'ailleurs, ce qui donne aux habitants de cette île un caractère plus brut.

À Hakodate, on s'installe dans notre business hotel en face de la gare et on part arpenter les rues de la ville, port important de l'île d'Hokkaido et abritant quelques bâtisses historiques, vieilles bicoques en bois de pêcheurs, églises orthodoxe et catholique.

 

 

 

 

On se balade jusqu'au port où sont arrimés les bateaux spécialisés dans la pêche au calamar de nuit, équipés de lampes ultra puissantes.

 

  • 31 août : Wakkanai

Wakkanai se trouve tout au nord de l'île d'Hokkaido. On s'y rend car c'est le port pour rejoindre les petites iles sauvages de Rishiri et Rebun.

C'est un long trajet en train, on est loin des Shinkansen ultra rapides qui relient les grandes métropoles japonaises. Ici c'est un petit train pépère qui traverse les forêts denses, qui passe des petits ponts enjambants les rivières poissonneuses de la région. Le trajet est calme et reposant, il fait beau et la fin d'après midi propose des paysages magnifiques, surtout quand on longe la côte ouest avec des vues sur le mont Rishiri, un cône parfait que l'on gravira le surlendemain.

 

 

On arrive à la pointe de la ville, au niveau du port des Ferrys. Là on est bien loin de Tokyo ! Les rues sont presque désertes, tout semble fermé. On se rend jusqu'à la jeté. Au nord c'est l'île de Sakhaline en Russie qui est d'ailleurs reliée par des Ferrys d'ici. Il y a d'habitude beaucoup de touristes russes ici et les échanges commerciaux doivent être importants car tout est également écrit en cyrillique.

 

 

  • 1-2 septembre : île de Rishiri

Embarquement pour l'île de Rishiri, toute ronde avec en son centre un pic de plus de 1700 mètres qui nous tend les bras.

Le voyage en Ferry est un vrai plaisir. Il fait un temps superbe et le bateau semble avoir été affrété uniquement pour nous.

 

 

 

Sur l'île on trouve une petite auberge japonaise avec une vue magique sur la côte et les petits villages de pêcheurs.

On part se promener jusqu'aux maisons en bois plantées sur les côtes herbeuses et rocailleuses, décor parfait pour des films mélancoliques se passant pendant des hivers rigoureux où des pêcheurs solitaires tomberaient amoureux de la maîtresse de la petite école du bout de l'île qui vient de débarquer. Ah, il paraît que ça existe déjà...

 

 

 

 

Le lendemain, on remet enfin nos chaussures de marche pour une belle et longue randonnée. Objectif : le sommet du mont Rishiri qui culmine à 1721 mètres, autant dire une belle montée suivie d'une belle descente puisque on part d'à peu près de 0 mètre au dessus du niveau de la mer.

 

 

La montée est effectivement très éprouvante, ça grimpe en continu et de plus en plus raide. Sur la fin on est aggripés à des cordes pour ne pas déraper sur les petits cailloux volcaniques. En haut la vue est grandiose, on voit les côtes du Japon, l'île voisine Rebun et même l'île russe de Sakhaline.

 

 

 

La descente est aussi rock´n'roll, on décide d'emprunter un sentier moins utilisé et plus éprouvant. C'est très long et très difficile car assez casse gueule mais absolument magnifique.

 

 

 

On arrive complètement vidés sur une route déserte et on réussit à faire du stop pour revenir à notre village. Une bonne bière Sapporo pour se féliciter et une bonne nuit de sommeil. On a marché plus de 10 heures sans jamais être sur du plat ! Bon, cela permet aussi d'éliminer les quelques abus de glaces et autres sucreries des jours précédents.

 

  • 3-4 septembre : île de Rebun

Pourquoi ne pas pousser un peu plus loin encore sur l'île de Rebun ? Un Ferry nous y conduit assez rapidement. Du pont, on observe avec satisfaction le sommet que l'on a atteint la veille.

 

 

L'île de Rebun semble encore plus isolée et sauvage que Rishiri. Pas de grande montagne à gravir ici mais une superbe campagne avec ses hautes falaises qui plongent dans la mer. Un côté très irlandais quoi. La ville d'arrivée, Kafuka, semble avoir souffert de fortes intempéries quelques jours plus tôt. On passe encore la serpillère dans des magasins qui ont du être inondés. Il faut rejoindre le bled de Funadomari qui se trouve tout au nord de l'île. Les bus sont très rares, on sort donc notre pouce pour essayer de gagner du temps. Pas facile ! Finalement après une bonne heure, une gentille dame nous conduit pile devant notre auberge, toute contente de connaître son emplacement pour pouvoir nous y déposer.

On va ensuite se balader sur les petites routes et chemins, profitant du beau temps et de ce doux climat. La promenade est paisible et vraiment agréable au milieu des collines verdoyantes. On peut voir le mont Rishiri au loin et la mer incroyablement calme aujourd'hui.

 

 

Pour terminer la balade, on longe la plage avec les baraques de pêcheurs et on peut admirer quelques phoques qui se la coulent douce légèrement au large mais qui semblent assez étonnés de nous voir nous balader sur le sable. En les voyant nager vers nous on se demande un moment si ça peut être dangereux ou pas un phoque !

 

What the phoque ?

 

Le lendemain, grosse promenade le long des falaises. Le temps est parfaitement adapté puisqu'il fait gris et qu'il pleut. Quoi d'autre pour ces paysages d'îles balayées par les vents où des pêcheurs vaillants luttent quotidiennement contre les éléments ? On démarre du cap Sukoton tout au nord et on prend les sentiers qui montent vers les crêtes.

 

 

 

Les herbes sont hautes et on est rapidement complètement trempés. Le vent souffle et la mer est agitée. On traverse des petits hameaux isolés avant de retrouver les hauteurs des falaises.

 

 

 

Pourquoi ne pas s'installer ici, peinards ?

 

On ne fera pas le grand circuit de huit heures, d'abord parce qu'on est complètement trempés et que ça devient difficile mais aussi et surtout parce que les sentiers ont été fermés suite aux intempéries d'il y a quelques jours.

 

 

Trempés mais heureux !

 

On rentre donc jusqu'à notre petite auberge et on consacre la fin d'après midi aux différentes lessives et séchage des chaussures au sèche cheveux ! Passionnant !

 

  • 5-6 septembre : Sapporo

On prend notre Ferry ce matin sur une mer pas du tout aussi calme qu'à l'aller ! Ça bouge assez mais même pas mal ! On a le pied marin depuis la traversée Shanghai-Osaka.

 

De retour à Wakkanai, on chope un bus pour la grande ville : direction Sapporo ! Synonyme de bière pour beaucoup, c'est la capitale d'Hokkaido, une ville en plein boom qui a la particularité d'avoir ses hôtels quasiment toujours pleins ou hors de prix. On apprendra ça à nos dépends en arrivant la fleur au fusil en cherchant tranquillement une petite chambre pas trop chère pour passer la nuit. Ce sera 150€ la nuit pour dormir dans un placard à balais jeune homme et encore on a de la chance, c'est la dernière chambre de la ville qui a du se libérer dans la journée.

 

 

On se balade un peu avant de retourner dans nos trois mètres carrés pour bosser la suite du voyage. Le lendemain, on profite encore de cette ville agréable, on pousse notamment jusqu'au musée de la bière Sapporo, l'équivalent de Guiness à Dublin. Un très beau bâtiment et une dégustation sympathique !

 

 

 

Les ravages de l'alcool

 

Un rêve devenu réalité

 

Le soir, un petit coup de Sapporo by night avec forcément encore un petit coup de binouze dans un boui-boui qui sert d'excellent Ramen.

 

 

 

  • 7-8 septembre : Akan Kohan

Pour cause de permis de conduire disparu en ce qui me concerne, c'est Sigrid qui va prendre le volant de la voiture de location pour un road trip sur l'île d'Hokkaido.

Première étape : le lac Akan à plus de 5 heures de route. Il faut dire que les limitations de vitesse sont plutôt musclées avec notamment 50km/h sur les routes de campagnes ! Pas grand monde cependant ne les respecte. On se pose dans une auberge bien vieillotte et la pluie s'installe dans la région. Ambiance ! Le soir on mange dans un petit resto, accoudés au comptoir après un petit moment se solitude quand on comprend qu'il n'y a pas de menu en anglais, qu'il n'y a pas de photo de plats affichée et que personne ici ne parle la première lettre d'un mot anglais. Mais on finit toujours par s'en sortir pas vrai ? Sauf que là je dois me retrouver au final avec ce qui doit être un amuse gueule constitué de trois minuscules morceaux de viande qui se battent dans une petite coupelle. Je me vengerai plus tard dans l'épicerie du coin.

Le lendemain, magnifique, il fait beau. Direction le mont Meakan, un volcan encore actif. Là encore ça grimpe pas mal mais moins longtemps que l'autre jour. On peut admirer au loin les étendues sauvages d'Hokkaido. Ici c'est la forêt, peuplée d'ours qui à cette époque de l'année constituent leurs réserves pour le long hiver qui arrive. Les randonneurs du coin ont tous une petite clochette accrochée à leur sac pour les éloigner (une clochette contre un ours...non mais allo quoi...). On n'en a pas et je compense par quelques airs sifflés qui je l'espère leur conviendront. On ne croisera pas d'ours mais on n'est pas mécontents d'avoir vu du caca d'ours sur le chemin qui avait l'air relativement frais (je n'ai pas vraiment poussé l'investigation en fait).

 

 

On sort des bois et on se retrouve sur les flancs pelés aux allures de surface lunaire du mont. Ça commence à sentir le souffre, on s'approche de la bête.

On arrive sur les crêtes du cratère qui offrent un spectacle impressionnant de fumerolles qui s'enfuient de la terre dans un souffle fort et les petits lacs jaune et bleu.

 

 

 

On continue la boucle en redescendant par un autre flanc jusqu'à retrouver notre forêt dense qui regorge de champignons colorés. On pousse la promenade jusqu'à une petite cascade qui a des airs de tableau coloré.

 

 

 

Le soir, de retour au village alors que la pluie s'est remise à tomber, on mange dans un petit resto où les très vieux proprios, étonnés de voir des clients débarquer pendant qu'ils se regardent un match de base ball à la télé, allument les gaz pour nous préparer deux bons bols de Ramen.

 

  • 9-10 septembre : lac Kussharo

On the road again, always, on reprend notre vaillante Toyota Vitz équipée d'un salutaire GPS qui nous aura permi de voyager en toute tranquillité.

 

 

Direction le lac Kussharo dans une auberge de jeunesse isolée à l'architecture assez insolite.

On file sur les routes au milieu des forêts épaisses et humides. Première halte au lac Mashu, un lac de caldeira considéré comme le plus beau du Japon avec ses eaux d'une clarté incroyable.

 

On redescend vers Kawayu, une ville thermale avec ses nombreux hôtels proposant des Onsens, à ne pas confondre avec les Hauts de Seine, département français appartenant à la petite couronne de la région Île-de-France dont les habitants sont appelés Altoséquanais.

On longe ensuite le lac Kussharo en faisant plusieurs haltes pour l'admirer de plus près.

 

 

Plus tard à la tombée de la nuit, on fera un premier essai de rotemburo, ces bassins d'eau chaude en plein air. Il donne sur le lac et on reste un moment en tendant un peu l'oreille tout de même, une touriste nous avait traduit un peu plus tôt un panneau indiquant la présence d'ours dans le coin.

Le lendemain, on tourne pas mal en voiture et on fait quelques balades, notamment autour de la péninsule de Wakoto. Très belle promenade donnant sur le lac Kussharo propice aux ricochets.

 

 

 

 

Le soir, on va profiter un long moment d'un autre rotemburo particulièrement agréable donnant également sur le lac. Les eaux sont très chaudes et l'air qui devient frais nous rafraîchit un peu. Je précise que Sigrid n'a pas respectée les règles de baignade puisqu'il faut être normalement tout nu pour rentrer là dedans. Heureusement que je suis là pour remonter le niveau d'intégration.

 

 

 

  • 11 septembre : Toshibetsu

Le temps n'est vraiment pas au beau fixe. Comme cela m'arrive souvent, je tombe, en lisant les nouvelles, sur un article concernant la région où on se trouve. L'île d'Hokkaido est sous les trombes d'eau. Des régions sont inondées, des routes sont coupées, il y a des glissements de terrains un peu partout et des alertes massives d'évacuation d'habitants. Cela se situe surtout à l'ouest du pays mais ce n'est pas vraiment rassurant.

Sur la route ce jour là, on fait une halte dans un domaine vinicole produisant un vin honorable. Dégustation obligatoire.

 

 

 

On loge dans une auberge de jeunesse qui est en fait une maison d'habitation paumée dans un quartier résidentiel. On est seuls là dedans avec les proprios qui nous préparent quand même un bon dîner avec son verre de vin. Mais l'ambiance est plutôt maussade avec cette pluie qui n'a pas arrêtée de la journée.

 

  • 12 septembre : Erimo
Pas mal de route aujourd'hui pour rejoindre le cap Erimo vers le sud. Une région vraiment sauvage et désertique avec des côtes balayées par les vents. Pour y arriver, on traverse les campagnes d'abord agricoles avec les nombreuses fermes typiques du coin. C'est Sigrid qui fait la remarque et c'est évident : Hokkaido est le pays de Goldorak, le "ranch du boulot blanc" est quelque part par là !

 

Puis le temps s'obscurcit encore et on arrive sur les côtes de cette région mystérieuse. Difficile de sortir de la voiture tant le vent et la pluie horizontale sont forts mais il est obligatoire d'aller admirer ce coin.

 

 

 

 

On arrive enfin au cap Erimo, le bout du bout. Ici le vent souffle avec une force rare, du jamais vu en ce qui le concerne je crois. Difficile de respirer et on se sent littéralement emporté par les bourrasques. Je ne m'approche pas du bord des falaises de peur de perdre l'équilibre. Pourtant c'est sublime, quelques rochers finissent en beauté la géographie de ce cap et indiquent le sud. Tout droit il n'y a plus rien jusqu'en Papouasie et Australie.

 

 

On rejoint ensuite la petite ville d'Erimo où nous attend notre auberge dont la fenêtre donne sur le port.

 

  • 13 septembre : back to Sapporo

Retour en ville, il fait un grand beau temps sur la route qui continue à longer la côte.

 

La ferme de Goldorak !

 

On arrive à Sapporo en milieu d'après midi. On retrouve nos habitudes urbaines. Le soir, on mange enfin un bon morceau de crabe, immanquable dans ce coin. On accompagne ça d'une bière Sapporo, forcément, en savourant cette dernière soirée dans ce pays si accueillant.

Demain, de nouveaux horizons avec la découverte de l'Oceanie. On prend un vol pour Sydney avec escale à...Shanghai. Comme on se retrouve !

Sayonara, et à bientôt pour la suite !

1 commentaire:

  1. comme d'hab, FASCINATING ! et bravo d'avoirr trouvé la ferme de goldorak !!

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