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samedi 9 août 2014

En Chine

On l'a bien compris, le Tibet c'est la Chine. On n'a pas changé de pays en prenant le train de Lhassa jusqu'à Shanghai. On a juste traversé les régions d'Ouest en Est, on a parcouru la Chine dans toute sa longueur, explorant ses deux extrémités depuis le Tibet bien engagé sur le chemin de la modernité jusqu'à Shanghai et ses gigantesques gratte-ciels.

  • 19-21 juillet : dans le train Lhassa - Shanghai

Prêts pour 48 heures de train ? Celui-ci est un peu particulier. Il parcourt la ligne la plus haute du monde en passant par des cols à plus de 5000 mètres. La ligne a été inaugurée en 2006 et les moyens qui ont été mis en œuvre sont délirants. Pour les chinois, le succès est total et permet le désenclavement du Tibet. La plupart des tibétains, eux, voient ça d'un autre œil. C'est une fois arrivés dans l'immense gare de Lhassa qu'on s'appercoit que l'agence s'est plantée en nous filant un billet pas pour Shanghai mais pour Nanjing. Ce n'est pas trop grave, on changera de train pour les derniers kilomètres qui séparent ces deux villes.

On embarque dans notre cabine, ce n'est pas vraiment l'Orient Express bien qu'on ait pris le plus confortable : des couchettes "molles" dans un compartiment pour quatre. On partagera la cabine avec un étudiant fan de Roger Federer qui a le gros défaut de mâcher la bouche ouverte et avec quelques autres passagers qui monteront et descendront le long du parcours dont un ronfleur exceptionnel qui heureusement ne restera qu'un après-midi.

Le train démarre doucement, il n'ira jamais bien vite. On sort rapidement de l'agglomération de Lhassa pour plonger dans de vastes plaines vertes où des troupeaux de Yaks broutent tranquillement. En France on a nos vaches qui regardent passer les trains, ici ce sont les Yaks qui se sont déjà bien habitués à ces passages quotidiens. Dans le compartiment, une musique chinoise est diffusée et il faudra plusieurs heures pour comprendre qu'on peut couper le son. Ouf !

On prend le rythme de ce voyage qui va durer très longtemps à faible allure. La vie dans le train s'organise, certains se couchent tout de suite, d'autres organisent leur compartiment en mini cuisine, d'autres encore restent dans les couloirs sur les petits strapontins. Le wagon restaurant n'est pas tenu par un grand chef international et on ne sirote pas de cocktails sur des tables en bois verni.

Première nuit, on a pas beaucoup dormi, et au matin les paysages ont déjà changé. On est sortis des hauts plateaux. On a du passer par la grande ville de Golmud pendant la nuit. Le train s'arrête Xining puis Lanzhou, une grande ville industrielle où on avait passé une nuit lors d'un précédent voyage ! Des passagers descendent, d'autres montent comme notre incroyable ronfleur qui se pose sur sa banquette, dort 2 minutes après dans un vacarme incroyable, la bedaine à l'air et les petites bulles qui se forment sur sa bouche. On est obligés de quitter le compartiment ! Grosse frayeur pour la nuit à venir mais il descend à Xi An. Good...

En descendant sur les quais, on s'aperçoit qu'il va maintenant faire très chaud !

Deuxième nuit, on dort beaucoup mieux et au matin on s'arrête donc à Nanjing pour essayer de choper un autre train. Compliqué en effet de rester dans le même car en Chine les billets de trains sont obligatoires à la sortie et permettent d'ouvrir les portiques. Dans la gare ultra moderne de Nanjing, on achète deux billets pour un train express, on sera sûrement à Shanghai avant l'arrivée de notre train parti de Lhassa.

À Shanghai, c'est le soleil, la chaleur, les immeubles modernes, les grands hôtels de luxe, les Mc Do et les Starbucks à tous les coins de rue, les magasins Vuiton, Chanel, Prada,...autre ambiance ! On prend un taxi qui nous conduit à un bel hôtel moderne avec une vue superbe sur la ville. On passe définitivement à autre chose.

  • 21-22 juillet : deux jours à Shanghai

Depuis la chambre du Sofitel, on prend notre douche en admirant les hauts buildings et la fameuse tour de Shanghai, véritable symbole de la ville avec son look de fusée atomique qui s'illumine la nuit. On est sur East Nanjing Road, une rue piétonne commerçante où toutes les grandes enseignes sont présentes.

Durant ces deux jours ensoleillés, on va arpenter quelques quartiers de la ville, profiter de vrais restaurants, monter au 99ème étage de la tour Jinmào (celle qui ressemble à un décapsuleur) et marcher le long du Bund, cette promenade qui longe les vieux bâtiments Art-Deco de la ville et qui offre une vue incroyablement photogénique et ultra connue sur les gratte-ciels du quartier moderne de Pudong de l'autre côté de la rivière Huangpu. C'est très franchement impressionnant voire surréaliste.

 

  • 23-24 juillet : autour de Tun Xi

On quitte cette débauche de luxe et de modernité pour retourner vers la campagne. On prend un bus qui file sur les larges autoroutes et qui nous emmène en un peu plus de cinq heures à Tun Xi dans la région de l'Anhui. On voit vite qu'on aura du mal à trouver des endroits préservés dorénavant. Ici, tout est touristique, et les touristes chinois sont nombreux. Il va falloir s'habituer au monde et aux droits d'entrée pour tout et n'importe quoi !

Tun Xi est connu pour sa vieille rue Lao Jie où on s'est efforcé de conserver l'atmosphère Ming. On s'engouffre dans une petite ruelle adjacente pour manger dans une gargote qui sert d'excellents plats de la région.

Le lendemain, sous la pluie (comme la moitié du temps ici), direction le luxuriant mont taoïste Qi Yun pour une promenade le long de ses innombrables marches. Pas trop de monde ce qui rend l'excursion assez agréable bien que très humide ! On rejoint différents pics et promontoires aux noms poétiques. Un peu de vent vient parfois nous rafraîchir et sécher nos vêtements.

  • 25-26 juillet : Hong Cun

Direction maintenant Hong Cun. Une toute autre ambiance. C'est un superbe village, classé au patrimoine mondial, d'une belle unité avec des petites rues et des canaux qui s'organisent autour du bassin de la Lune. De nombreux films ont été tournés ici dont la première scène de "Tigre et Dragon" qui met en avant le petit pont en demi lune qui conduit à l'une des portes d'entrée du village.

Dans le village, beaucoup de boutiques, hôtels et restos avec des expressos plus chers qu'à Paris. Oui, il y a beaucoup de monde et pas mal de groupes qui suivent leur guide armé de son petit fanion et de son haut parleur pour que les cancres du fond entendent bien. Au delà de la beauté du village et de ses bâtiments, on est donc surtout marqués par l'intensité du tourisme chinois. Certaines rues sont presque complètement saturées et ça se bouscule. Heureusement c'est beaucoup plus calme le soir et on a décidé de passer un peu de temps ici, notamment pour se balader dans les environs.

Le lendemain, on emprunte les petits chemins qui mènent aux villages dans les alentours. Il fait beau, chaud, la campagne est d'un vert profond.

On fait une belle balade jusqu'à Tachuan, prochain sur la liste des villages à dédier au tourisme. Pour l'instant il n'y a pas un chat et on profite de cette grande tranquillité.

  • 28-29 juillet : dans les Huangshan

Le 27 juillet est consacré aux transports jusqu'à Tangkou, la ville point de départ pour les Huangshan, ces monts qui paraissent si familliers tant ils semblent incarner les peintures traditionnelles chinoises. Formés de pics granitiques sur lesquels s'accrochent des pins, ils sont particulièrement beaux quand des nuages de brume viennent apporter cette ambiance si particulière.

Départ très tôt le matin pour les attaquer. Ce n'est pas une surprise, il y a déjà beaucoup de monde et on se fond dans la masse du tourisme chinois, bruyant et mouvementé. On embarque dans une des nombreuses navettes pour se rendre à une des entrées aux monts. Heureusement, tout le monde se précipite sur le téléphérique qui permet d'atteindre rapidement le sommet à partir duquel de nombreux chemins mènent à différents points comme le pic de l'Oie blanche, le Rocher volant, le Rayon céleste ou le pic de la fleur de Lotus. Poésie chinoise, quand tu nous tient.

On préfère choisir la voie sportive en s'attaquant d'emblée aux milliers de marches qui s'étalent sur plus de 7kms jusqu'au point d'arrivée du téléphérique. Sur la route, on double des porteurs dont le quotidien est de monter les packs de bière et les snickers pour les touristes. On se demande d'ailleurs bien pourquoi quelques cabines du téléphérique ne sont pas utilisées pour ça. Cela doit être plus rentable pour tout le monde.

Les vues sont rapidement superbes et nous sommes maintenant presque seuls sur ces chemins en montée perpétuelle.

Arrivés au sommet, c'est une autre histoire, on rejoint les groupes qui se sont entassés dans les cabines du téléphérique et qui cherchent maintenant à boire une bière en mangeant un snickers. Là aussi certains passages sont saturés de monde, c'est délirant. D'autres chemins sont étrangement beaucoup plus calmes et on en profite pour pique-niquer ce qu'on a pu trouver la veille dans une épicerie, c'est à dire des espèces de saucisses au maïs ou au goût de noix de coco ! Accompagnées d'une tomate et de quelques chips ça passe très bien. On boit beaucoup, car au final l'exercice est très physique !
On arpente les chemins, au grès des petits panneaux qui indiquent des directions aux noms exotiques.
On passe la nuit dans un des grands hôtels du coin construits on ne sait pas trop comment, en y mettant les moyens en tous cas car il y a absolument zéro route qui arrive jusqu'ici.
Le lendemain matin on fait un dernier petit tour. Il y a une équipe de tournage qui filme une scène d'un film avec un acteur a priori connu dans le pays. Dans la scène, il sirote un thé depuis une terrasse qui surplombe une mer de nuage et quelques pics recouverts de pins. Un drone radio guidé filme tout ça.
Pour la descente, on choisit les marches de l'ouest qui doivent nous faire passer par des endroits spectaculaires. En effet ça descend de façon rude et sur des marches agrippées aux immenses paroies verticales.
Au bout d'un moment il n'y a absolument plus personne sur le chemin et la route se transforme en un petit paradis lorsque l'on commence à longer une rivière qui descend la montagne avec des petites cascades et des bassins qui invitent carrément à la baignade. On s'arrête plusieurs fois pour se rafraîchir un peu et ces moments nous semblent d'une liberté incroyable et bienvenue. On en profite pleinement.
On comprendra plus bas pourquoi il n'y avait personne sur ce chemin, on s'est planté de direction et on s'est finalement retrouvés dans un bled paumé, obligés de prendre un espèce de taxi puis un bus public pour retrouver notre chemin ! De retour à Tangkou, on retourne manger le soir dans un des stands à brochettes installés dans la rue principale de la ville comme on l'avait fait la veille du départ pour les Huangshan.
 
  • 30 juillet : Hangzhou

Ce matin, on prend un bus qui s'arrête devant notre hôtel direction la ville de Hangzhou, connue pour son immense lac en plein centre ville autour duquel on peut se balader tranquillement. Mais la chaleur est véritablement étouffante. On loge dans une auberge de jeunesse, on tente une sortie pour manger quelque chose et on échoue lamentablement dans un Pizza Hut où on nous sert une espèce de pizza miniature. Dans un véritable supermarché Carrefour, on achète de quoi faire un pique-nique pour le soir avec notamment une baguette de pain et un camembert Président. Oui Monsieur. On retourne rapidement se coller contre le climatiseur de notre chambre. Il fait beaucoup trop chaud.

On ressort donc le soir mais la température n'est pas vraiment retombée. Malgré la nuit qui s'est installée on transpire toujours. On se promène un peu au bord du lac et on trouve un petit banc pour dévorer notre morceau de fromage.

 
  • 31 juillet : Wuzhen

Le matin, on fait un petit tour dans les quartiers de Hanghzou en nous rendant notamment dans un temple de Confucius, havre de paix et de sérénité surtout dans les pièces climatisées. Dans un autre quartier on s'arrête dans une grande pharmacie traditionnelle où on prépare les ordonnances en constituant petits plateaux avec des champignons ou autre racines médicinales. Beaucoup de monde s'affaire dans ce grand hall qui n'a pas du beaucoup bouger depuis un grand moment.

On se rend ensuite en bus à Wuzhen, une ville lacustre aux bâtiments très préservés. C'est bien sur très touristique encore une fois mais on est maintenant bien habitués à ces foules de touristes essentiellement chinois. On est loin des étendues sauvages du Mustang mais ça fait partie du voyage et des découvertes. On loge dans une petite maison dans une chambre qui donne sur un canal.

Le soir, on va explorer la partie ouest de la ville, la plus importante et la plus belle. Malgré le monde, étonnamment calme d'ailleurs, on passe un très bon moment dans les petites rues bordées de canaux.

 

Une forte pluie passagère nous oblige à nous abriter dans une petite maison de thé d'où on peut observer l'activité dans la rue. Les prises de photos des touristes sont toujours des moments intéressants. Pas de pose les bras ballants et le sourire gêné ici mais toujours des petites scènes travaillées. On regarde ce spectacle depuis notre table en sirotant notre thé aux fleurs.

On mange un morceau dans les rues animées avant de retourner dans la partie est de la ville où on loge.

  • 1-2 août : Suzhou

Sous une pluie fine et pas vraiment raffraichisante , on visite ce coin du village pas encore très développé niveau infrastructure touristique mais déjà à fond au niveau de l'affluence. Au programme notamment : petite dégustation d'alcool de riz à 10 heures du mat´ qui passe toute seule.

On sature un peu de ce trop plein de monde ou plutôt de touristes et on décide de prendre un bus pour la ville de Suzhou, dernière étape avant de retrouver Shanghai. On se promène dans cette ville plutôt agréable avec de vieux quartiers et de magnifiques jardins où il fait bon se reposer.

On assiste à un spectacle de Pingtan, un art populaire où un homme et une femme, en tenue traditionnelle, viennent chanter et raconter une (très longue) histoire. Les spectateurs sont installés dans un salon de thé et regardent le spectacle d'un œil connaisseur. On assiste à la première partie, un peu frustrés de ne pas pouvoir comprendre l'histoire qui est contée ! On s'éclipse discretos pendant l'entracte après avoir avalé notre thé.

Les rues piétonnes commerçantes de la ville sont envahies de badauds à la nuit tombée, éblouies par les enseignes lumineuses des McDo, H&M ou Gap.

  • 3-9 août : back to Shanghai

Pour retourner dans la mégapole de plus de 23 millions d'habitants, on prend le même train express que celui dans lequel on s'était retrouvés lors du périple Lhassa-Shanghai. On connaît bien la maison maintenant et on se retrouve vite en bas de notre bel hôtel, réservé depuis belle lurette quand on préparait quelques étapes de notre voyage. Le confort est à la hauteur des attentes et on prend vite quelques habitudes...

Pour la première fois depuis le départ, on va vraiment prendre notre temps avec six nuits d'affilé au même hôtel !

On va donc arpenter en long en large et en travers cette ville, de nuit comme de jour. En sirotant des cocktails depuis les terrasses luxueuses qui donnent sur cette vue incroyable de Puding, le quartier moderne de Shanghai, on se dit qu'il faut de tout pour faire un tour du monde et on se rappelle de quelques soirées au fin fond du Mustang ou des nuits à se geler sous la tente dans le Ladakh.

En journée la chaleur est toujours aussi impitoyable et les centres commerciaux climatisés sont parfois des haltes bienvenues.

Au menu donc des musées, des quartiers aux ambiances différentes avec notamment l'ancienne concession française, les docks rénovés, le quartier moderne,...des restos en veux-tu en voilà. À Shanghai il y a du monde, beaucoup de monde et l'animation est permanente.

 

Ce mélange rend cette ville toujours imprévisible et très agréable à arpenter. On y retrouve l'ambiance des grandes villes chinoises mais aussi un petit côté New York quand on se balade de long du Bund ou quand on lui fait face.

Une ambiance américaine à quelques détails près...

Après cette petite semaine, on refait nos sacs à dos pour notre prochaine destination, le Japon. C'est en bateau qu'on a décidé d'y aller et comme pour venir de Lhassa, il nous faudra deux jours entiers pour arriver à destination au port d'Osaka.

Nous allons traverser la mer de Chine Orientale puis rentrer dans les mers intérieures du Japon. Nous sommes en période de Typhons et l'un d'entre eux est passé par là il n'y a pas longtemps. En souvenir, il a laissé une mer agitée qui va nous laisser une belle nausée la plus grande partie du voyage ! Mais les ambiances de départ et d'arrivée en plus de quelques moments magiques sur le pont désert de ce grand ferry, avec notamment la mer incroyablement éclairée par la pleine lune et une eau mystérieusement phosphorescente la nuit laisseront de beaux souvenirs de cette traversée. Et puis arriver en bateau au Japon c'est autrement plus classe que de prendre un low cost chinois non ?

Bye bye la Chine, aux ambiances si différentes et à l'évolution si frénétique. La phrase qu'on aura le plus répètée est qu'on est rentré dans l'ère du tourisme chinois.

On se retrouve au Japon !

 

2 commentaires:

  1. Ca donne envie de visiter Shanghai !!! Vivement que vous nous racontiez le Japon et vos retrouvailles avec la famille. Bisous les Boud's

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  2. Je retiens plusieurs choses : des paysages magnifiques, Shanguai, le tee shirt kaki de Sigrid, le petit film excellent et surtout surtout la photo de Nico dans la baignoire avec la totale : vue sur le fleuve, télé, verre de vin, gâteaux d'apero, ... Et le clin d'œil à son employeur dans le coin de la fenêtre !!!
    Juste énorme !
    Bises

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