Escale à Varanasi, la ville qui concentre tout ce qu'on peut s'imaginer de l'Inde, un bouillon de cultures, de couleurs, de chaleur et de pluie, des sollicitations permanentes, la saleté, les sourires et la gentillesse des habitants, les rues bondées, les klaxons incessants en ville, les vaches au milieu des rues, la ferveur religieuse, la pauvreté, les arnaques, la musique apaisante indienne qui sort d'on ne sait où, les senteurs d'encens, le linge qui sèche sur le sol, les échoppes de thé et de repas sur le pouce, les minuscules magasins de tout et de rien, les petits quartiers labyrinthiques, les parties de cricket improvisées, les crémations et les processions qui parcourent les rues jusqu'aux bûchers sur les Ghats en transportant le corps du défunt au son des tambours et sous les exclamations des passants...
Namaste !
Tous ceux qui sont allés à Varanasi le diront : cette ville fascinante est d'abord une claque, il faut prendre du recul et essayer de la comprendre un peu pour s'y sentir bien.
L'architecture d'abord est un étonnement permanent quand on longe les Ghats de la ville. À cette période le l'année on peut les parcourir à pieds, mais le Gange peut monter de plusieurs mètres et les recouvrir complètement.
Les Ghats eux-mêmes sont des successions de plateformes et d'escaliers qui descendent à pic vers le Gange où tout le monde se baigne pour se purifier, se laver mais aussi se rafraîchir surtout comme en ce me moment avec ces températures insupportables. C'est également le long de certains d'entre eux qu'ont lieu les crémations.
Dominant les Ghats, des palais de Maharadjas qui ont du être majestueux et qui sont aujourd'hui complètement laissés à l'abandon avec cependant des familles et Sadhus qui y logent encore.
Il y a également des temples, tous très actifs. La ferveur est particulièrement présente ici avec notamment des cérémonies qui se tiennent tous les soirs à 19h00 au niveau du Ghat Dashashwarmedh et qui rassemblent des milliers de personnes qui viennent prier en s'installant sur les marches ou dans un des nombreux bateaux en bois qui viennent s'entasser sur le Gange en face de ce spectacle appelé "Ganga Aarti".
On trouve aussi d'immense citernes et installations qui semblent sorties de livres de Jules Verne.
Sur les murs décrépis, des tags et peintures pour indiquer le nom du Ghat ou de boutiques et restaurants aux alentours.
Et puis bien sûr toute la foule qui vient peupler ces lieux de jour comme de nuit : les pèlerins, les Sadhus, les bateliers, les promeneurs, les mendiants, les vaches, les quelques singes et les touristes relativement rares en cette saison ce qui donne pour nous un aspect plus authentique (mais cette ville n'a pas besoin de forcer le trait de ce point de vue !)
Le Ghat le plus impressionnant est certainement le Manikarnika, celui où se déroule la plupart des crémations. Quand on le voit apparaître, on rentre encore dans un nouveau monde et de nouvelles ambiances avec un Ghat sombre, mal en point, fumant en permanence et où des rondins de bois s'amoncèlent un peu partout en réserve des cérémonies à venir.
On y marche prudemment tant l'ambiance peut paraître pesante au premier abord mais ici c'est le quotidien, il y a même pas mal d'échoppes où siroter un petit thé.
On peut marcher longtemps le long de ces Ghats, toujours surpris et émerveillés par cette architecture et ces ambiances.
Les petites rues des quartiers qui commencent en haut des escaliers réservent aussi des sensations riches. Elles sont sales et étroites, mais la vie de la vieille ville se passe ici entre les marchés de rue, les minuscules échoppes et la multitude de petits temples. Les motos se faufilent entre les vaches et les passants et il peut arriver que l'on soit complètement bloqués, notamment vers les entrées des temples importants.
En ce qui nous concerne, l'arrivée à Varanasi a (bien sûr) été mouvementée puisque après être arrivés dans notre hôtel confortable qu'on se rêvait ( le Gange View Hôtel), on nous indique qu'il est en pleine rénovation. Si la chambre est agréable, les bruits de travaux incessants nous décident à le quitter, direction....on sait pas trop !
La pire des situations dans la pire des villes : avec nos sacs à dos, un peu paumés avec le nom d'un hôtel en tête. Et là se sont tous les rabatteurs de la ville qui nous tombent dessus. Impossible de s'en sortir, ils ne nous lâcheront pas tant qu'on ne sera pas rentré dans un hôtel où ils prendront une commission. Pour nous ça veut dire être sûr de payer la chambre plein pot....bref. Nous voilà installés à l'hôtel Alka qui est pas si mal que ça et qui est surtout très bien placé au cœur de l'animation en dominant le Ghat Dashashwarmedh.
On se fait doucement à la chaleur même si on devra prendre l'habitude de ne pas trop sortir en journée.
Le premier soir, on assiste au "Ganga Aarti", cette cérémonie quotidienne qui réunit une foule impressionnante. On se faufile au milieu de l'animation pour observer les différentes scènes.
Le lendemain, direction le nord en commençant par le fameux Ghat des crémations où un espèce d'illuminé au numéro bien rodé nous tombe dessus après qu'on ait pris une photo du lieu. En nous montrant un pauvre tag "No Poto" il nous fait une leçon pas possible sur le fait de prendre en photo les cérémonies de crémations. Il n'y en avait pas bien sur sur ma photo et on sait très bien que ça ne se fait pas. Bref, il nous harcèle en nous indiquant la seule solution possible : aller faire un don pour nous laver de cet affront. On finit par s'en débarrasser mais l'expérience est impressionnante, surtout en début de séjour ici où on n'a pas encore eu le temps de comprendre un peu ce qui se passe et comment tout ce petit monde fonctionne.
On longe les Ghats jusqu'au bout et on revient par les petits quartiers à la vie intense. On s'arrête pour manger un petit dej (attention : à ne faire qu'après un long temps d'acclimatation des estomacs !) et prendre un thé dans les nombreuses échoppes.
De retour sur les Ghats, l'activité est toujours bouillonnante, avec par exemple des femmes en pèlerinage qui viennent se faire raser la tête avant d'aller se replonger dans les eaux du Gange.
Les matins et les soirs à Varanasi se passent de la même façon avec la balade jusqu'en milieu de matinée et la sortie en fin d'après midi quand un petit vent se lève pour aller observer la ferveur des cérémonies et aller manger un morceau dans les restos en ville.
Deux alternatives cependant :
- Un cinoche pour être au frais en journée en se tapant un film de 3 heures avec entracte sur l'histoire d'un militaire en vacances qui va violemment démanteler un groupe terroristre Pakistanais mais qui prend le temps entre deux bastons de faire des chorégraphies Bollywood pour charmer sa belle.
- Un petit tour en bateau sur le Gange à 6h00 du mat´ pour voir la ville sous une autre perspective.
Une ville bien particulière donc, qu'on ne peut pas voir en un jour. Il faut passer et repasser le long de ses Ghats et dans ses petits quartiers en amont. Il faut s'assoir et observer, regarder les pèlerins et tenter de comprendre ce qui les anime.
Et la mousson tant attendue n'est pas encore arrivée, les indiens l'attendent pourtant avec impatiente, chaque petite goût de pluie est saluée avec des "now good weather !". Mais les averses sont courtes et insuffisantes pour rafraîchir l'atmosphère étouffante.
Après quatre nuits ici, on va prendre la direction de Katmandou avec escale obligatoire d'une nuit à Delhi. Pour le coup on a pris un hôtel d'aéroport avec piscine. On va se gêner...
Quelques scènes de la vie à Varanasi :



















Vos photos sont toujours aussi belles mais quel contraste entre la tranquilité du Ladakh et l'activité de Varanasi !!!! Profitez profitez les amis..... Bises
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